Deux ex-agents secrets français condamnés à 8 et 12 ans de prison pour trahison au profit de la Chine

Le procès s'est déroulé à huis clos à la demande du parquet général, qui a évoqué une affaire de "pénétration" de la DGSE "par une puissance étrangère".

Un homme emprunte un escalier mécanique, le 31 mars 2015, au siège de la DGSE, à Paris.
Un homme emprunte un escalier mécanique, le 31 mars 2015, au siège de la DGSE, à Paris. (ERIC DESSONS / JDD / SIPA)

C'est un procès rare, qui se solde par de lourdes peines. Deux ex-agents secrets français ont été reconnus coupables de trahison au profit de la Chine, vendredi 10 juillet, à Paris. La cour d'assises a infligé des peines de 8 et 12 ans de détention à Henri Magnac, âgé de 73 ans, et Pierre-Marie Hyvernat, 69 ans. L'épouse de ce dernier a été condamnée à 4 ans de prison, dont deux avec sursis, pour recel de trahison.

Au cours du procès, qui s'est déroulé à huis clos durant toute la semaine, le parquet général avait requis la peine maximale de 15 ans de prison pour Pierre-Marie Hyvernat et 10 ans pour Henri Magnac, qui avaient été mis en examen en 2017. Peu d'éléments sur les faits sont connus. En 1998, Henri Magnac avait été rappelé par la DGSE après avoir entamé une liaison avec l'interprète chinoise de l'ambassadeur français à Pékin. De son côté, Pierre-Marie Hyvernat a été arrêté en Suisse avec de l'argent liquide après avoir rencontré un contact chinois sur une île de l'océan Indien.

La demande de huis clos était venue de l'avocate générale, qui avait évoqué une affaire de "pénétration" des renseignements français "par une puissance étrangère". Le président avait accepté pour protéger les témoins et "empêcher la divulgation d'informations touchant à la défense nationale".