Covid-19 : des militaires, spécialistes de la logistique, aident le ministère de la Santé pour gérer la campagne de vaccination

Ces hommes aident à planifier les convois de camions, à organiser l'intendance. Mais il faut composer avec les différences de fonctionnement entre le militaire et le civil.

Article rédigé par
Franck Cognard - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Un avion de l'armée française transporte des patients atteints par le Covid-19 de Lyon vers Paris, le 10 novembre 2020. (JEFF PACHOUD / AFP)

Ils sont quatre pour l'instant : quatre officiers, spécialistes de la logistique des munitions, des pièces d'avions, ou ingénieurs de l'armement à être détachés au ministère de la Santé. Si les armées françaises ont pour l'instant été peu mises à contribution dans cette campagne de vaccination contre le Covid-19, elles ont assuré le transport de super-congélateurs outre-mer et des 30 000 premières doses de vaccin en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie.

Ces spécialistes détachés aident à définir les schémas logistiques, à planifier les convois de camions, en résumé à organiser l'intendance. "Au ministère des Armées, nous faisons beaucoup de logistique, explique Hervé Grandjean, leur porte-parole. Par exemple, chaque année, nous distribuons et nous gérons plusieurs dizaines de millions de pièces de rechange, pour nos véhicules terrestres, nos avions, nos hélicoptères, nos bateaux, et sur plusieurs centaines de sites, en métropole, mais aussi dans les outre-mers et à l'étranger."

"D'une certaine manière, ce défi logistique auquel nous faisons face au ministère des Armées est assez comparable au défi de la logistique des vaccins, c'est pour cela que nous apportons une assistance et un concours au ministère de la Santé."

Hervé Grandjean, porte-parole du ministère des Armées

à franceinfo

Lors du premier confinement, des logisticiens avaient également été insérés dans des structures locales, comme au CHU du Mans, avec l'apport de militaires du 2e régiment d'infanterie de marine. En arrivant à l'hôpital le matin (il avait été prévenu la veille), le sergent Simon trouve une logistique pour la distribution de masques à l'échelle du département, organisée de façon très correcte.

Mais tout n'est pas simple : "Nous, on fonctionne par grade. Un supérieur vous donne un ordre, vous l'exécutez et ainsi de suite. Il y a peut-être moins cette hiérarchie dans le monde civil, chacun donne son idée, etc. Ce qui complique un peu, en situation de crise, la réactivité et l'exécution des ordres. Alors que nous, on a des directives, un point de situation, on organise quelque chose, on suit cette directive. Si on estime qu'elle sort du cadre, on la réaxe, ainsi de suite jusqu'à ce que la mission soit terminée."

"Le fait qu'on soit là fluidifie la vitesse d'action."

sergent Simon

à franceinfo

Les armées restent évidemment actionnables par le politique, elles y sont préparées, dit-on au ministère. Toutefois, elles ne peuvent fournir que ce qu'elles ont : par exemple, le service de santé des armées représente moins de 1% de l'offre de soins en France. C'est un service prestigieux et efficace, précise-t-on, mais qui remonte à peine en puissance après avoir perdu 10% de ses effectifs. Et sa mission première reste quand même le soin aux soldats en opération.

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