Corse : attaché sur une cible d'un champ de tir pour un bizutage, cerné par des tirs de Mirage, un pilote de l'armée de l'air porte plainte

En 2019, ce pilote qui venait d'arriver dans l'escadron a été attaché sur une cible, des avions de chasse lui tirant autour. Les auteurs de ce bizutage ont été sanctionnés en interne. 

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Radio France
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Un Mirage 2000 décolle de la base de Solenzara en Corse lors d'un exercice en mars 2016.
 (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)

Un pilote de l'armée de l'air a déposé plainte en janvier dernier, notamment pour "mise en danger de la vie d'autrui", a appris franceinfo auprès du porte-parole de l'armée vendredi 7 mai, confirmant une information du quotidien La Provence [article payant]. 

Il y a deux ans, ce pilote âgé de 26 ans et qui venait d'arriver dans l'escadron a été bizuté en Corse. D'autres militaires l'ont attaché sur une cible du champ de tir aérien de Diane près de Solenzara et des avions de chasse ont ensuite tiré autour de lui. Dès les faits dénoncés à la hiérarchie, les auteurs ont été sanctionnés en interne, mais le pilote a décidé de porter plainte au pénal. L'avocat du pilote parle de "roulette russe avec des Mirage".

"Complètement con mais pas dangereux"

Selon Me Berna, l'avocat du pilote affecté à Orange, ses nouveaux collègues l'avaient emmené à Solenzara pour le bizuter. Ils lui avaient attaché un sac sur la tête avant de le ligoter à une cible. Pendant une vingtaine de minutes, le militaire avait alors entendu des avions passer autour de lui et effectuer des tirs réels, "un bruit effrayant et impressionnant"  ensuite relayé par des tirs simulés dans sa direction.

Pour l'armée de l'air, la réalité est plus nuancée. Le pilote était certes attaché à une cible, mais à plus d'un kilomètre des cibles réelles des Mirage qui étaient en campagne de tir.

Il s'agit d'une "mise en scène intolérable", précise le porte parole de l'armée de l'air. Les bizuteurs, qui étaient debout à côté du bizuté pendant la séance, ont été punis par des jours d'arrêts, Une source militaire résume la situation par ces mots : "C'était complètement con, mais pas dangereux".

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