Armes françaises à Tripoli : "Ces missiles n'ont jamais été transférés à quiconque", assure la ministre Florence Parly

La ministre des Armées a réagi sur franceinfo après que quatre missiles antichar français ont été retrouvés dans un camp de combattants rebelles du général Haftar. 

Un char d\'assaut au sud de Tripoli, en Libye, le 28 juin 2019. 
Un char d'assaut au sud de Tripoli, en Libye, le 28 juin 2019.  (HAZEM TURKIA / ANADOLU AGENCY / AFP)

"Ces missiles étaient stockés dans un endroit qui était destiné à permettre leur destruction. Ils n'ont jamais été transférés à quiconque", a assuré Florence Parly, ministre des Armées, vendredi 12 juillet sur franceinfo. 

Elle réagissait à la demande d'explications "urgentes" formulée par le gouvernement d'union nationale libyen (GNA) jeudi, après que la France a reconnu que des missiles découverts dans un QG des rebelles du maréchal Khalifa Haftar près de Tripoli lui appartenaient. 

Dans une lettre, le ministre des Affaires étrangères du GNA, Mohamad Tahar Siala, a demandé à son homologue français, Jean-Yves Le Drian, "d'expliquer de manière urgente le mécanisme par lequel les armes françaises découvertes à Gharyan sont parvenues aux forces de Haftar, quand elles ont été livrées et comment", selon un communiqué du ministère. 

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Des révélations du "New York Times"

La découverte de ces missiles a été dévoilée par un article du New York Times (en anglais), publié mardi 9 juillet.On y apprend que des armes ont été récupérées en juin par les forces du gouvernement libyen, soutenues par les Nations unies, lors d'un raid dans un camp de rebelles du général Haftar, situé à Gharyan, une ville au sud de Tripoli.

Parmi ces armes se trouvaient quatre missiles antichar Javelin. Or, avant d'atterrir entre les mains du général Haftar, ces missiles avaient été vendus à la France par les Etats-Unis. "Un éventuel transfert d'armes constituerait une violation de l'accord de vente conclu avec les Etats-Unis ainsi que de l'embargo sur les armes imposé par les Nations unies", précise le quotidien.

Des armes "hors d'usage"

Face à ce début de crise diplomatique, Paris s'est justifié mercredi. Ces munitions, "endommagées et hors d'usage", étaient "temporairement stockées dans un dépôt en vue de leur destruction" et "n'ont pas été transférées à des forces locales", a déclaré le ministère des Armées.

En dépit d'un embargo de l'ONU, des livraisons d'armements continuent d'affluer des deux côtés, faisant peser la menace d'une guerre par procuration entre puissances régionales. Depuis le début de l'offensive du général Haftar le 4 avril, les combats aux portes de la capitale libyenne ont fait 1 048 morts, dont 106 civils, et 5 558 blessés, dont 289 civils, selon un dernier bilan mardi de l'Organisation mondiale de la santé.