Armée de l’air : le gouvernement s’attaque au problème du manque de disponibilité des avions

Florence Parly, la ministre des Armées présente ce lundi sur la base aérienne d'Evreux, dans l'Eure, ses pistes pour augmenter le taux de disponibilité des appareils de l’armée de l’Air, qui stagne à 44%.

Un avion de combat Rafale de la base aérienne 113 Saint-Dizier-Robinson, en Haute-Marne.
Un avion de combat Rafale de la base aérienne 113 Saint-Dizier-Robinson, en Haute-Marne. (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

44% : c'est le taux de disponibilité des appareils de l'armée de l'Air. Et c'est peu. Lundi, Florence Parly, la ministre des Armées présente lundi 11 décembre sur la base aérienne d'Evreux, dans l'Eure, ses pistes pour l’augmenter : si la situation affecte peu les opérations extérieures, en Syrie ou au Mali, elle plombe les budgets et réduit les heures d'entraînement.

Les opex et les autres : deux mondes parallèles

Il y a ainsi deux mondes parallèles : celui des Opex, les opérations extérieures, où, par exemple, les Rafale engagés au Levant affichent 90% de taux de disponibilité. Et puis le monde militaire normal, où ce dernier peut s’effondrer à 30%. Là où les jeunes pilotes s'entraînent moins parce que les appareils sont en maintenance, les avions, les hélicos, sont surutilisés en Opex, et donc usés prématurément par les missions, par le sable du Sahel qui s'infiltre partout. De retour en France, ils sont cloués au sol en maintenance, et c'est là que le taux de disponibilité s'effondre.

"Quand on fait des plans, on a une activité moyenne où l’on voit parfois des pics, explique le général Jean-Paul Paloméros, ancien chef d'état-major de l'armée de l'Air. Là, nous sommes sur un palier stabilisé à un très haut niveau. Bien au-delà des prévisions de la durée de vie et de l’emploi des équipements. Il faut donc de la sur-maintenance." "Tout notre logistique est une logistique de flux : nous ne faisons plus de stock, poursuit le général Paloméros. Auparavant, pendant la Guerre froide, nous pouvions piocher dans des pièces de rechange. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Il faut donc relancer des fabrications et cela prend du temps et de l’argent…"

Un Transall a l'âge d'une Renault 16

Les mécanos de l'armée de l'Air font pourtant des miracles au quotidien. Mais un Transall a l'âge d'une Renault 16 : il faut donc astuce, argent et temps pour les maintenir en état. Taux de disponibilité : 25%. Comment revenir à un taux acceptable, autour de 60-70 % ? Parmi les pistes, les nouvelles technologies.   Ainsi, l’impression 3D permet-elle de remettre à niveau des pièces vouées autrefois au rebut, comme des aubes de turbines.

Avec, à la clef, des économies de temps et d’argent. Autre piste, éviter aussi la multiplication des contrats : l'hélicoptère Tigre implique par exemple 31 contrats de maintenance. C’est insatisfaisant, là encore, pour Florence Parly, dont l'entourage souligne qu'il y a 15 ans, le taux de disponibilité des appareils était de 10 points supérieur à aujourd'hui.