Amiante : 45 anciens officiers de la Marine nationale réclament la reconnaissance du préjudice d’anxiété

Ces retraités de la Marine nationale embarqués sur des bateaux entre 1950 et 2000 réclament un préjudice d'anxiété pour les risques liés à l'amiante.

Le porte-avion Clémenceau, contaminé à l\'amiante, en février 2009.
Le porte-avion Clémenceau, contaminé à l'amiante, en février 2009. (FRED TANNEAU / AFP)

45 officiers retraités dans le Nord Finistère, exposés à l’amiante sur les bateaux de la Marine nationale entre 1950 et 2000, demandent au tribunal administratif de Rennes, jeudi 23 mai, la condamnation de l’État pour non-reconnaissance du préjudice d’anxiété. Cette notion, consacrée en 2010 par la Cour de cassation, permet l'indemnisation de personnes qui ne sont pas malades, mais qui s'inquiètent de pouvoir le devenir.

C’est la première fois en Bretagne que d’anciens militaires demandent cette reconnaissance et une indemnisation. Les 45 officiers retraités pourraient ouvrir la porte dans un premier temps à une cinquantaine d’autres réclamant les mêmes droits que les civils. "La difficulté pour nous, militaires, c'est que nous ne sommes pas reconnus comme les autres, explique à France Bleu Jean-Paul Le Roux, président de l'association des officiers mariniers en retraite du Nord Finistère.

Nous avons plein de camarades qui décèdent de l'amianteJean-Paul Le Roux

"Tous les civils ouvriers de l'État qui sont en contact avec l'amiante ont droit à partir en retraite avant, constate  Jean-Paul Le Roux. Ils ont le droit également à ce préjudice d'anxiété qui ne nous est pour le moment pas reconnu. La Marine a commencé à désamianter ses bateaux un peu avant l'année 2000 (...) Nous avons plein de camarades qui décèdent de l'amiante, dans le secteur de la Marine nationale."

La Cour de cassation, qui limitait l'indemnisation du préjudice d'anxiété à certaines catégories de travailleurs exposés à l'amiante, a décidé le 5 avril dernier de permettre à tous d'y prétendre, sous certaines conditions.