"Vu du foie, le vin est bien de l'alcool" : des médecins répondent à Emmanuel Macron

Dans une tribune publiée lundi dans "Le Figaro", neuf médecins demandent un "plan national alcool" au gouvernement.

Le président de la République Emmanuel Macron en visite au Salon de l\'agriculture, le 24 février 2018 à Paris.
Le président de la République Emmanuel Macron en visite au Salon de l'agriculture, le 24 février 2018 à Paris. (STEPHANE MAHE / AFP)

La séquence n'a pas fait sourire tout le monde. Lors de son passage au Salon de l'agriculture, Emmanuel Macron a confié "boire du vin le midi et le soir". Face aux professionnels, il a reconnu qu'il y a bien "un fléau de santé publique quand la jeunesse se soûle à vitesse accélérée avec des alcools forts ou de la bière, mais ce n'est pas avec le vin". En clair, lui président, il n'y aura pas "d'amendement pour durcir la loi Evin".

N’emmerdez pas les Français avec ça.Emmanuel Macronau Salon de l'agriculture

Dans une tribune publiée dans Le Figaro lundi 5 mars, neuf médecins* répondent au chef de l'Etat. S'ils assurent ne pas vouloir diaboliser le vin, ils souhaitent souligner les effets nocifs du vin comme de tout autre alcool, et "porter à la connaissance du public les évidences scientifiques". Leur message est clair : "Vu du foie, le vin est bien de l'alcool."

Les auteurs de la tribune rappellent que "le vin représente près de 60% de la consommation d'alcool". Voilà pourquoi ils demandent "un plan national alcool". Car pour eux, "ce qui compte en terme de toxicité, c'est la quantité bue". 

Si le dossier alcool reste en l'état, immanquablement, lorsque demain les responsables auront à répondre devant la justice, ils ne pourront pas dire qu'ils ne savaient pas.Neuf médecinsau "Figaro"

Une première tribune publiée dans les colonnes du Monde le 28 février dernier, trois scientifiques s’inquiétaient déjà des propos du chef de l’Etat.

* Les neuf signataires sont la pneumologue Irène Frachon, l'épidémiologiste Catherine Hill, les professeurs Michel Reynaud, Serge Hercberg, Amine Benyamina, Albert Hirsch, Gérard Dubois et le président et le vice-président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie, Nicolas Simon et Bernard Basset.