Vin : 2019, "une très belle année" pour les appellations Condrieu et Côte-Rôtie

Les deux appellations n'ont pas souffert des intempéries et de la canicule.

Vignes sur les coteaux de Condrieu, en Rhône-Alpes (photo d\'illustration)
Vignes sur les coteaux de Condrieu, en Rhône-Alpes (photo d'illustration) (MAXPPP)

La sécheresse, les orages de grêle, la canicule... Les Jeunes agriculteurs estiment que les pertes de production en 2019 pourraient s'établir entre 30 et 50%, y compris pour les viticulteurs. Ce n'est pour l'instant pas le cas pour Christine Vernay, propriétaire du Domaine Georges-Vernay dans le Rhône. Elle parle même d'une "très belle année".

franceinfo : Avez-vous été touchée durement par les intempéries ou la canicule ?

Christine VernayÀ Condrieu, au Côte-Rôtie, nous sommes relativement privilégiés. Nous avons évité les gros orages et le gel, donc la vigne se porte plutôt bien. Même l'épisode caniculaire est dépassé, puisqu'il pleut à Condrieu. Un cadeau du ciel !

Certains viticulteurs sont moins bien lotis que vous ?

Bien sûr ! Dans la Drôme, près de chez nous, les appellations Cornas ou Hermitage ont subi de graves dégâts avec les orages de grêle il y a un mois. Et la sécheresse y est beaucoup plus marquée. Nous, nous sommes en coteaux, les vignes sont bien implantées et souffrent moins.

Qu'en est-il de la qualité quand les vignes souffrent ? Est-ce qu'il y a des conséquences sur les dates de vendanges ?

Le problème c'est que, quand la vigne ne peut pas avoir une maturité suivie, on a des blocages de maturité, le raisin ne murit pas. La vigne a besoin d'eau. Pour l'instant, nous sommes sur des dates similaires à l'année dernière, qui reste une année précoce.

Avec le changement climatique, nous avons une variabilité forte dans les saisons. On peut avoir des années qui sont plus tardives, comme 2010 et 2016, et des années très précoces, comme 2017 et 2018. Cette variabilité est un peu déstabilisante.

Les fortes chaleurs influent sur le taux de sucre du raisin et la qualité du millésime ?

Effectivement. Avec les températures extrêmes, nous avons des maturités, des cycles végétatifs, qui se réduisent, et des taux de sucre qui montent rapidement, avec à l'arrivée un taux d'alcool plus important et des baisses d'acidité.

L'année 2019 est pour l'instant une très belle année. La vigne doit souffrir, c'est important. Elle ne doit pas être dans des terrains très fertiles. Mais ce vignoble se défend très bien face aux épisodes climatiques parfois un peu difficiles.