Reportage L'Italie frappée par la sécheresse : "Cela fait trois mois qu'il ne pleut pas ici", témoigne un maraîcher du Sud du pays

Tout le pays est confronté à un manque d'eau en cette fin juin et les agriculteurs soumis à des restrictions d'irrigation. Nous avons rencontré des producteurs de fruits qui ont déjà perdu une bonne partie de leurs récoltes.

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Radio France
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  (PIERO CRUCIATTI / AFP)

Fabiano Santapria marche sur les feuilles sèches de ses pastèques. Ce maraîcher de la province de Latina, dans le Sud de l'Italie, a une petite exploitation de quatre hectares et cultive ses fruits sous serre mais ils ont besoin de beaucoup d'eau et en continue. En raison de la sécheresse qui sévit dans tout le pays et des fortes chaleurs - juqu'à 43 degrés en Sicile - l'eau est désormais rationnée pour les agriculteurs. Ce mercredi 29 juin, Fabiano est autorisé à arroser, alors il ouvre les vannes.

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L'eau coule en abondance mais demain le fournisseur coupera l'alimentation 24h pour faire des réserves, dimanche aussi. À quelques kilomètres, les coupures sont quotidiennes mais seulement 6 heures. L'impact est immédiat pour Fabiano : "Cette année nous avons déjà 20% de pertes au moins, en terme de quantité mais aussi de qualité car sans eau la pastèque est plus farineuse. Et vous voyez juste-là j'ai un terrain sur lequel je voulais planter des courgettes mais sincèrement sans la garantie d'avoir de l'eau je ne peux pas. Cela fait trois mois qu'il ne pleut pas ici".

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L'Italie manque de réservoirs d'eau

Le président de la section locale du syndicat agricole Coldiretti n'a jamais vécu une telle situation, avec des coupures d'eau anticipées d'un mois par rapport à la dernière grande sécheresse. À ces restrictions, s'ajoute le coût du transport de l'eau car l'énergie est plus chère et c'est l'agriculteur qui paie, explique Denis Carnello : "On parle de 30 à 35 centimes du mètre cube, c'est énorme par rapport aux années passés, on payait moins de 20 centimes. Donc ça a quasiment doublé... Et en plus on n'a même pas de service fiable, ce n'est pas de la faute du fournisseur mais bien du manque d'eau".

En revanche, les compagnies des eaux et les pouvoirs publics ont bel et bien une responsabilité dans l'acheminement de l'eau car les conduites fuient et pas qu'un peu, affirme Anna Gianetti, la président de la ligue de l'environnement Legambiente locale : "70,3% : c'est le taux énorme de fuite de notre réseau d'eau. C'est dû notamment au vieillissement des infrastructures. Notre compagnie des eaux a un plan d'investissement mais il est clairement insuffisant. Imaginez qu'au niveau national on est à 40% de pertes, nous, ici, on est a presque deux fois plus que la moyenne nationale !" L'Italie manque aussi cruellement de réservoirs d'eau, ils ne collectent que 11% des eaux de pluie.

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