Produits laitiers : le nouvel accord USA-Canada va avoir "des conséquences néfastes" pour les producteurs français

Le marché des produits laitiers canadiens devient plus ouvert aux productions américaines, ce qui peut faire baisser les prix et donc réduire les avantages des Européens, selon l'économiste Lionel Fontagne.

Les drapeaux canadien, mexicain et américain.
Les drapeaux canadien, mexicain et américain. (LARS HAGBERG / AFP)

Le nouvel accord de libre-échange USA-Canada-Mexique, signé dimanche entre Ottawa et Washington, de concert avec le Mexique, va avoir "des conséquences néfastes" pour les producteurs français, explique lundi 1er octobre sur franceinfo Lionel Fontagne, économiste, professeur à l’Université Panthéon-Sorbonne, membre du Cercle des économistes. Le Canada a accepté d'offrir aux États-Unis un accès à 3,5% de son marché laitier, évalué à 16 milliards de dollars (14 milliards d'euros).

"C'est déjà beaucoup 3,5% et cela remet en cause les bénéfices que les Européens comptaient tirer de l'accord de libre-échange entre l'Europe et les États-Unis", estime ce spécialiste. "À partir du moment où le marché canadien devient plus ouvert aux produits américains, le prix des produits laitiers va baisser aux États-Unis et donc cela va réduire l'avantage des Européens", même si "les conséquences néfastes seront assez diluées à la fin", estime Lionel Fontagne.

Une "petite victoire", mais avec des contreparties

En échange de cette concession sur les produits laitiers, les Canadiens ont obtenu le maintien du système des litiges commerciaux, "une sorte de tribunal qui permet de contester des droits de douane ou des mesures anti-dumping pris par les États-Unis à l'encontre de leurs voisins, comme cela a été fait pour l'acier", explique ce spécialiste. "Une petite victoire côté canadien, mais qui se paie" sur les produits laitiers.

Le Canada et les États-Unis ont annoncé dimanche soir "un accord de principe" pour réformer l'Alena, le traité de libre-échange qui lie 500 millions de Nord-Américains depuis 1994. Il devient l'Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC). "On a rebaptisé cet accord, pour éviter d'utiliser le 'gros-mot' de 'libre-échange' dans le nom de l'accord, constate Lionel Fontagne, c'est très important pour Trump en termes de communication politique".