Peste porcine : l'arrivée du virus en France provoquerait "une crise économique majeure"

Le président de la Fédération nationale porcine s'inquiète d'une possible transmission de la maladie sur les élevages.

Des barrières ont été installées dans les bois, près de la fontière belge. 
Des barrières ont été installées dans les bois, près de la fontière belge.  (JEAN-LUC FLEMAL / BELGA)
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Le ministère français de l'Agriculture et de l'Alimentation a annoncé lundi 14 janvier que tous les sangliers présents autour de la frontière belge devaient être abattus dans les semaines à venir. Il s'agit ainsi de créer une "zone blanche" afin d'éviter l'arrivée en France de la peste porcine africaine. Deux nouveaux cas ont été confirmés en Belgique la semaine dernière. Selon Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine et invité de franceinfo mardi 15 janvier, l'arrivée du virus en France provoquerait "une crise économique majeure" et du "chômage dans de nombreuses structures industrielles".

franceinfo : Quels sont les enjeux sanitaires et économiques liés à la transmission de la maladie ?

Paul Auffray : Le risque sanitaire est que le virus soit transmis à nos élevages. Il n'y a pas de vaccin ni de remède pour cette maladie. Les animaux infectés meurent donc au bout de 48 à 72 heures. Le taux de mortalité est très élevé. Si des élevages sont touchés, cela pourrait aboutir à une catastrophe sanitaire généralisée à l'ensemble du territoire. De plus, si jamais demain il y avait un cas de grippe porcine avéré, sur un sanglier ou sur un porc domestique, nous perdrions systématiquement nos agréments à l'exportation, notamment en Asie. Cela conduirait à une crise économique majeure pour notre pays avec des dépôts de bilan en cascade et du chômage dans de nombreuses structures industrielles qui abattent et qui transforment la viande de porc.

Les mesures annoncées par le gouvernement vous semble-t-elle adaptées ?

J'ai trouvé le ministre déterminé et offensif. Je regrette tout de même que ces mesures n'aient pas été annoncées trois mois plus tôt. En tout cas, ces mesures vont dans le bon sens pour essayer de préserver notre statut sanitaire. Il faut également souligner que la maladie ne touche que les porcs et les sangliers. Elle n'est pas transmissible à l'homme. De plus, pour le moment, la France est indemne. Il n'y a pas de cas chez nous. La proposition de créer une zone blanche est une bonne solution pour préserver ce statut.

Comment fonctionne cette zone blanche ?

On a d'abord laissé faire les Belges qui ont créé une zone tampon dans laquelle ils ont essayé de circonscrire la maladie. Cela a tenu quatre mois mais aujourd'hui on constate qu'il y a quelques failles dans le dispositif puisque dans ce type de vaste zone, on ne peut pas grillager les routes. Alors forcément, il y a quelques failles qui permettent aux sangliers de s'enfuir. Aujourd'hui, les Belges ont presque terminé la construction d'un deuxième rideau, le long de la frontière avec la France, pour limiter la propagation de la maladie. Désormais nous allons compléter le dispositif belge en créant ce corridor, cette zone blanche, pour éradiquer le sanglier dans un espace de 10 kilomètres de large et de 80 kilomètres de long.