"Nous avons perdu 80 ruches" : les apiculteurs ont connu un été meurtrier pour les abeilles et le miel dans le Sud

Avec les épisodes de canicule de cet été, les abeilles n'ont pas pu contrôler la température de leurs ruches. 

Un apiculteur en Lozère, le 20 juillet 2019.
Un apiculteur en Lozère, le 20 juillet 2019. (PAULO AMORIM / NURPHOTO / AFP)
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"La canicule de fin juin a été catastrophique : nous avons perdu 80 ruches par la fonte de cire qui a englué la colonie, la reine...", raconte Christian Pons. Du "jamais-vu" pour cet apiculteur exerçant depuis quinze ans près de Montpellier. A l'intérieur d'une ruche, qui contient 40 000 à 60 000 abeilles, la température doit être maintenue autour de 34 à 35 °C, les abeilles réchauffant l'intérieur en se regroupant ou ventilant pour aérer, explique le professionnel installé à Cournonsec (Hérault).

Mais alors que la température la plus élevée de l'histoire en France a été relevée le 28 juin dans l'Hérault, avec 46 degrés, dans certaines ruches en bois restées au soleil, les abeilles n'ont pas pu contrôler la température.

Des récoltes de miel amputées

"Il faisait tellement chaud dehors que les abeilles n'ont pas réussi à ventiler dans les ruches", souligne-t-il. "A ce moment là, alors que sur un cadre, le miel est positionné en haut, autour du couvain, la cire a fondu, ça s'est affaissé en écrasant les larves et en entraînant vers le bas les abeilles et la reine. La cire a bouché les sorties si bien que les abeilles et reines sont mortes engluées et piégées à l'intérieur".

Ce phénomène a été selon lui "très localisé dans l'Hérault et le Gard" mais a touché plusieurs dizaines d'apiculteurs et des centaines de milliers d'abeilles. L'extrême chaleur a également empêché une floraison et une ponte des reines normales si bien que les générations d'abeilles ne se sont pas renouvelées. Sachant qu'une abeille sur les mois d'été vit de 50 à 60 jours, cela a encore amputé les récoltes, particulièrement celles de miels de garrigue, thym et romarin.

"Une année normale, on fait à peu près deux tonnes de miel de garrigue sur les différents ruchers que l'on a. Cette année, on a fait 150 kilos", résume Christian Pons. Afin de lutter contre la canicule puis la sécheresse qui a perduré depuis, l'apiculteur, qui fait également de l'élevage, a "fait des transhumances vers les hauts cantons ou en montagne".