Mesures contre la sécheresse : "Ce n'est pas à la hauteur de l'urgence"

Le ministre de l'Agriculture a annoncé lundi étendre la "dérogation jachères" à 60 départements. Sur franceinfo, Philippe Heusele, secrétaire général de l’Association générale des producteurs de blé, estime que la mesure ne suffit pas. 

Guigneville, le 23 juillet 2019.
Guigneville, le 23 juillet 2019. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

"L'autorisation d'utiliser des jachères à des fins de fourrage est une bonne chose, même si ça arrive très tard. On a des jachères qui sont elles-mêmes assez peu productives. Ce n'est pas à la hauteur de l'urgence" estime, mardi 30 juillet, sur franceinfo Philippe Heusele, secrétaire général de l’Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB) et agriculteur en Seine-et-Marne. 

Une réaction qui fait suite à l'annonce du ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, lundi 29 juillet, d'étendre la "dérogation jachères" à 60 départements, au lieu de 33 initialement, pour faire face à la sécheresse et pallier le manque de fourrage. "On subit de plus en plus ces sécheresses, alerte Philippe Heusele. On a des étés de plus en plus chauds, avec des périodes de plus en plus tranchées".

"Les conséquences en septembre-octobre"

Mais au-delà de ces mesures, il faut un travail à long terme, insiste l'agriculteur. "Il faut préserver nos sols, qui en France sont d'une qualité exceptionnelle, donc éviter l'artificialisation des sols, insiste-t-il. La première réserve en eau, elle se fait dans le sol. Ensuite, il faut travailler au stockage de l'eau et puis adapter nos techniques d'irrigation, nos façons de produire, notamment la génétique" estime Philippe Heusele.

Nos cultures d'été (maïs, betterave sucrière, pommes de terre, etc.), de même que les herbages, subissent la sécheresse de plein fouetPhilippe Heuselesur franceinfo

"Si nos cultures d'hiver n'ont pas trop souffert de la sécheresse, nos cultures d'été, celles qu'on sème au printemps et qu'on récolte à l'automne (maïs, betterave sucrière, pommes de terre, etc.), de même que les herbages, la subissent de plein fouet", explique l'agriculteur. "Très clairement, les conséquences de la sécheresse, on les verra en septembre-octobre au moment des récoltes, où il va y avoir de gros déficits de production à mon avis."