"Les entreprises doivent redoubler d'efforts pour garantir une huile de palme responsable", estime l'organisation WWF

L'ONG publie ce lundi sa nouvelle évaluation des politiques d'approvisionnement en huile de palme. 

Un homme produit de l\'huile de palme en Indonésie. 
Un homme produit de l'huile de palme en Indonésie.  (WAHYUDI / AFP)

WWF publie lundi 20 janvier sa cinquième évaluation des politiques d'approvisionnement en huile de palme. L'ONG a passé en revue 173 entreprises mondiales de production et de distribution de produits de consommation ainsi que de services de restauration pour leur approvisionnement en huile de palme"Les entreprises doivent redoubler d'efforts, estime WWF, pour garantir une huile de palme responsable et être en mesure d'atteindre les objectifs 'zéro déforestation' que la plupart se sont fixés pour 2020", affirme l'ONG.

Toutes les entreprises ne s'engagent pas 

Les compagnies Ferrero, L'Oréal et Ikéa sont dans le top 5 de ces fiches d'évaluation, avec des notes au-dessus de 19 sur 22. Mais "aucune entreprise n'atteint le meilleur score et la plupart ont encore un long chemin à parcourir pour tenir leurs promesses", regrette WWF dans un communiqué de presse. 

En France, le Nutella a souvent été pointé du doigt, mais "Ferrero fait des efforts depuis de nombreuses années", a réagi sur franceinfo Arnaud Gauffier, co-directeur des programmes au WWF France. "On est capable de vérifier que toute l'huile de palme qui rentre dans leurs produits n'est pas issue de plantations qui ont contribué à la déforestation. C'est un engagement que l'on demande à l'ensemble du secteur privé en ce moment", poursuit-il. 

Cependant, certaines entreprises "ne jouent pas le jeu et ne répondent pas, déplore WWF France. Cela ne veut pas dire qu'ils sont mauvais, mais ce n'est pas un très bon signal."

Pas d'appel au boycott 

WWF écarte "le boycott [qui] n'est pas nécessairement la solution". Elle propose plutôt "un arrêt de l'incorporation [de l'huile de palme] dans les agrocarburants, des efforts accrus pour assurer sa durabilité pour les usages alimentaires et l'interdiction de l'huile de palme non responsable". 

Selon Arnaud Gauffier, boycotter l'huile de palme n'est pas toujours bon "puisque les palmiers à huile sont extrêmement productifs." Par exemple, "l'huile de coco fait des ravages en termes de déforestation parce que c'est beaucoup moins productif et les conditions de travail sur ces plantations sont très mauvaises." 

L'organisation non-gouvernementale appelle par ailleurs les gouvernements à agir, et réclame avec d'autres ONG "une réglementation européenne" pour interdire l'huile de palme non responsable. Pour permettre cette règlementation, WWF suggère la création "d'un système de diligence raisonnée qui obligerait les entreprises à s'assurer, tout le long de la chaîne d'approvisionnement, de l'absence de déforestation ou de conversion d'écosystèmes."