Le "plan loup" 2018, loin de satisfaire les éleveurs et les écologistes

Après un an et demi de travail, le gouvernement a dévoilé son "plan loup" 2018 pour les cinq prochaines années. Les mesures engagées semblent toutefois ne pas faire consensus ni pour les associations, ni pour les éleveurs.  

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Quarante loups pourront être abattus en 2018 et les éleveurs pourront défendre leur troupeau. C’est ce qu’établit le "plan loup" 2018 dévoilé par les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture le 19 février dernier. L’objectif de ce plan, qui doit guider toutes les actions de terrain pour les cinq prochaines années, est d’assurer la "la conservation du canidé et de prendre en compte la détresse des éleveurs"

Le nombre de brebis tués par des loups multiplié par trois en dix ans

En 2017, les loups ont tué plus de 11 000 brebis, au grand dam des éleveurs. Le nombre de brebis tuées a triplé en dix ans car la population de loup augmente de 20% par an. Aujourd’hui, les canidés seraient près de 400 en France. Ils avaient totalement disparu de l’Hexagone en 1930, mais ils sont réapparus dans les Alpes du Sud en 1992, après avoir franchi la frontière franco-italienne. Pour assurer la viabilité de l’espèce, le plan du gouvernement vise une population de 500 loups d’ici à 2023. 

Espèce protégée, il est pourtant possible de le chasser. Cela s’appelle le "prélèvement". Toutefois, le gouvernement encadre cette pratique en fixant le plafond de loups abattus à quarante sur l’année 2018. Il sera ensuite porté de 10 à 12% de la population de loups par an. De plus, il est précisé que les canidés pourront être abattus pour "prévenir des dommages importants aux troupeaux" à condition qu’"il n’existe pas d’autres solutions".

Les éleveurs et les écologistes rejettent en bloc

Il a fallu un an et demi de travail pour mettre au point le "plan loup" 2018. Pourtant, le texte ne semble contenter personne. Du côté des éleveurs, tuer quarante loups par an est trop peu. Pour la présidente de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), Christiane Lambert : "Quand il y a une augmentation de 22% du nombre de loup, il est pas normal de garder le même nombre de loup à abattre."

Du côté des associations environnementales, ces mesures sont perçues comme dangereuses car les prélèvements sont indifférenciés. En tuant des loups au hasard, les meutes peuvent se disperser et les attaques se multiplier.

Le \"plan loup\" 2018, loin de satisfaire les éleveurs et les écologistes
Le "plan loup" 2018, loin de satisfaire les éleveurs et les écologistes (BRUT)