Glyphosate : la grogne des agriculteurs français

La France fait désormais cavalier seul en matière de glyphosate, en se donnant trois ans pour éradiquer l'herbicide de ses cultures quand l'Europe s'en donne cinq. Les agriculteurs français sont sceptiques et s'interrogent. Comment rester concurrentiel au sein de l'Europe ?

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Trois ans pour interdire le glyphosate en France ; la promesse d'Emmanuel Macron ne passe pas auprès des agriculteurs. Aujourd'hui, deux tiers d'entre eux utilisent cet herbicide, soit 8 000 tonnes consommées chaque année. Près de Rennes (Ille-et-Vilaine), cet éleveur cultive des céréales qu'il donne à manger à ses vaches. Et pour désherber ses champs, il affirme qu'il n'a pas le choix : pour l'heure, impossible de se passer du glyphosate.

Un rapport sur les alternatives au glyphosate très attendu

Les agriculteurs se sentent aussi lésés. Le désherbant serait interdit en France, mais par exemple, l'importation de blé traité au glyphosate venant d'un autre pays serait autorisée. Ce cultivateur a essayé de se préparer à une future interdiction du glyphosate. Sur cette parcelle, ces plantes sont un engrais naturel qui, en poussant, va éliminer les mauvaises herbes. Si l'expérience réussit, le champ sera prêt à être semé après l'hiver.

Mais cet agriculteur ne peut pas étendre cette technique à toutes ses parcelles. Pour certaines, le glyphosate est encore la seule solution selon lui. Son interdiction dans trois ans aura des conséquences économiques pour les paysans, selon l'ingénieur Jean-Christophe Bureau. Jeudi, l'Institut national de la recherche agronomique, l'Inra, doit rendre un rapport sur les alternatives au glyphosate.

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Un agriculteur de l\'Illinois (Etats-Unis) vaporise son maïs avec du glyphosate, à Auburn, le 1er juin 2010. 
Un agriculteur de l'Illinois (Etats-Unis) vaporise son maïs avec du glyphosate, à Auburn, le 1er juin 2010.  (SETH PERLMAN / AP / SIPA)