Fin du broyage des poussins : le prix des oeufs sera "forcément plus cher", prévient le Comité national pour la promotion des œufs en France

Philippe Juven, président du Comité national pour la promotion des œufs en France, appelle à une "décision européenne" sur la fin du broyage des poussins mâles.

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Radio France
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Naissance d'un poussin à Rennes (Ille-et-Vilaine), mars 2019. Photo d'illustration. (BENJAMIN FONTAINE / FRANCE-BLEU ARMORIQUE)

Philippe Juven, président du Comité national pour la promotion des œufs en France (CNPO), craint dimanche 18 juillet sur franceinfo que la décision de la France de renoncer au broyage et au gazage des poussins mâles en 2022 se répercute sur le prix des oeufs qui sera "forcément plus cher". Cette interdiction prendra effet au 1er janvier 2022. Mais il appelle à une "décision européenne" pour ne "pas créer des distorsions de concurrence" entre les pays de l’UE. Le ministre de l'Agriculture français, avec son homologue allemand, va tenter de convaincre les autres pays européens de faire de même.

franceinfo : Qu’est-ce que cette annonce va changer exactement ?

Philippe Juven : Cela va déjà apporter des modifications profondes au niveau des couvoirs. Ils vont devoir mettre en place une organisation complètement différente pour pouvoir ovosexer, c'est-à-dire déterminer le sexe dans l'oeuf et ne pas laisser éclore les mâles, mais seulement les femelles. Ce sont des investissements très lourds déjà pour que cette méthode puisse se mettre en place. Lorsque les éleveurs vont acheter un poussin, il va y avoir un coût qui est très important. Selon les études qu'on a pu faire à ce jour, il est de l'ordre de 64 millions d'euros par an. Pour nous, c'est une vraie question parce qu'il va falloir l'intégrer dans le prix de l'œuf. L’état va aider les couvoirs dans les investissements qu'ils comptent faire d'ici 2022. Quant aux éleveurs, ils vont acheter des poussins. Il va y avoir une prestation supplémentaire pour l’ovosexage, mais cela ne sera pas aidé par l'Etat. Ce sera à nous, au niveau de la filière, de négocier, de le prendre en compte dans le prix de l'œuf.

Le consommateur sera-t-il forcément perdant ?

Ce sera forcément plus cher. On va faire en sorte que cela le soit le moins cher possible. Il y a des discussions en ce moment entre les opérateurs de la filière et avec la distribution dans un premier temps. Mais à terme, je pense qu'il y aura aussi des secteurs de l’ovoproduit qui sont très concurrentiels pour lesquels il faudra qu'on trouve des solutions. Pour nous, une des solutions, et on l'a dit au ministre, c'est qu’il ne faut pas que l'on reste sur une décision franco-française.

Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a déclaré sur franceinfo qu’il fallait que l’ensemble des pays suivent la France et l’Allemagne. C’est la seule solution pour éviter une concurrence au sein de l’UE ?

On est sur un marché de l'offre qui est un marché européen. On a des règles de production européennes qui sont communes à tout le monde. Une telle décision, qui va dans le sens du bien être animal, bien évidemment, ne doit pas être uniquement française et allemande. Elle doit être européenne parce qu’il ne faut pas créer des distorsions de concurrence entre des pays qui seraient leaders et d'autres qui ne feraient rien. Il faut vraiment qu'il y ait une décision européenne.

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