États généraux de l'alimentation : "ll n'y a pas encore un centime qui est redescendu dans les cours de ferme", dénonce les Jeunes agriculteurs

Le syndicat fait le point après la mise en place de la loi Egalim sensée améliorer les revenus des agriculteurs. 

Un agriculteur dans sa ferme (Illustration). 
Un agriculteur dans sa ferme (Illustration).  (LOIC VENANCE / AFP)

Jérémy Decerle, président des Jeunes agriculteurs, a affirmé mardi 19 mars sur franceinfo qu'"il n'y a pas encore un centime qui était redescendu dans les cours de ferme grâce aux États généraux de l'alimentation". La loi Egalim qui découlait de ces États généraux de l'alimentation doit bénéficier aux agriculteurs pour qu'ils soient mieux rémunérés. Pour Jérémy Decerle, "un certain nombre d'acteurs de la grande distribution, mais aussi chez les transformateurs industriels, n'ont toujours pas décidé de jouer le jeu des États généraux de l'alimentation et de rémunérer finalement les producteurs".

franceinfo : La loi Egalim a-t-elle changé les choses pour les agriculteurs ?

Jérémy Decerle : Il n'y a pas encore un centime qui est redescendu dans les cours de ferme grâce aux États généraux de l'alimentation. On ne peut pas dire qu'il n'y a pas eu d'évolution dans les négociations commerciales. Il semble qu'un certain nombre d'acteurs de la grande distribution, mais aussi chez les transformateurs industriels, n'ont toujours pas décidé de jouer le jeu des États généraux de l'alimentation et de rémunérer finalement les producteurs. Il y a encore du boulot.

Ne peut-on pas les obliger à jouer le jeu ?

La loi va les obliger à changer un petit peu leurs pratiques, mais on sait que nous n'avons pas affaire à des enfants de chœur. Ils savent aussi un peu déjouer le règlement. On va s'attacher, parce que c'est notre job de syndicalistes, à aller leur faire comprendre que ce n'est pas comme cela que ça fonctionne. Ce qui a tendance à nous agacer, c'est qu'on ne ferme pas à tour de bras de grandes surfaces en ce moment et qu'il est plutôt en train de s'en ouvrir aux quatre coins de la France et, pour le coup, des exploitations agricoles ferment tous les jours. On ne sent pas encore une prise de conscience de la part de la distribution, mais aussi un petit peu de certains industriels.

Que faudrait-il faire ?

Cela passera par une meilleure organisation des producteurs pour être en meilleure posture pour faire face à ceux qui sont de l'autre côté de la chaîne. On n'est pas toujours bien organisés. Il faut le savoir. Il y a nécessité qu'au niveau de la production on soit un peu plus armés pour mieux négocier aussi. On est conscients que tout ne se fera pas et par la loi et par l'opération du Saint Esprit. Il y a nécessité qu'on soit un peu meilleurs. Il y aurait une bonne volonté ailleurs, de la part des autres acteurs, cela nous aiderait bien aussi.