Élevage en cage : "Il y a encore une demande pour ces produits-là" se défendent les Jeunes agriculteurs

Jérémy Decerle, président des Jeunes agriculteurs, réagit sur franceinfo à l'étude de "60 millions de consommateurs" sur le bien-être animal. "C'est très bien que tout le monde s'en préoccupe, mais l'éleveur est le premier concerné."

Les élevages de poules en cages sont au coeur d\'une nouvelle enquête du magazine 60 millions de consommateurs.
Les élevages de poules en cages sont au coeur d'une nouvelle enquête du magazine 60 millions de consommateurs. (M11 / MAXPPP)

Faire évoluer les pratiques d'élevage, "cela s'anticipe et se prépare", a répondu jeudi 11 octobre sur franceinfo, Jérémy Decerle, président des Jeunes agriculteurs, après la publication d'une enquête du magazine 60 millions de consommateurs sur le bien-être animal. Jérémy Decerle trouve "très bien" que tout le monde se préoccupe des modes d'élevage : "L'éleveur, lui aussi, a envie que ses animaux soient les plus sains possibles". "Si on lui demande de faire évoluer ses pratiques, il le fera, mais il faut lui donner les moyens", prévient-il.

franceinfo : Pourquoi l'élevage en cages existe-t-il encore ?

Jérémy Decerle : En France, il ne se passe pas une semaine sans qu'on montre du doigt l'élevage et les agriculteurs ! Et pourtant, nous sommes dans un pays où l'élevage et les pratiques d'élevage n'ont jamais autant évolué que ces dernières années. Nous continuons à évoluer notamment sur la question de l'élevage en cage. Néanmoins, cela coûte un peu d'argent, ce n'est pas négligeable et pas possible pour tous les éleveurs d'évoluer du jour au lendemain. Aujourd'hui, les modes d'élevage n'ont pas évolué parce qu'il y a encore une demande pour ces produits-là, il y a un marché On produit beaucoup pour répondre à la demande. Les produits que nous produisons en France sont consommés.

Est-ce que changer les modes d'élevage coûterait bien plus cher ?

Pour les éleveurs, tous élevages confondus, on estime le coût à 250 millions d'euros. Forcément, cela devra se répercuter sur le consommateur. Là aussi, je dis qu'il ne faut pas se précipiter parce qu'on n'aura pas le temps de changer. Le consommateur ne sera pas prêt, l'agriculteur ne sera pas en capacité de faire évoluer son outil de production en deux temps trois mouvements. Cela nécessite de faire évoluer des choses dans les bâtiments, cela nécessite de la surface, cela nécessite des développements d'exploitation qui s'anticipent et se préparent. Sans cela, on ira chercher quoiqu'il arrive, les produits à l'étranger.

Est-ce que l'élevage en extérieur nécessite plus de travail ?

Pas forcément. Chacun adapte son système. Ceux qui font de l'élevage en plein air, ils s'organisent. Ce n'est pas forcément plus compliqué. Il y a aussi des réalités économiques. L'éleveur lui aussi, bien sûr, a envie que ses animaux soient les plus sains possible. C'est très bien que tout le monde s'en préoccupe, mais l'éleveur est le premier concerné. Si on lui demande de faire évoluer ses pratiques, il le fera, mais il faut lui donner les moyens.