Eau potable dans les Côtes-d'Armor : "A l'horizon de 35 à 45 jours, on pourrait avoir des risques de rupture", selon un expert

Le département breton est toujours touché par la sécheresse. Des habitants pourraient souffrir de pénurie d'eau dans les prochains mois.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Un robinet qui goutte en France, en août 2022. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

"À l'horizon de 35 à 45 jours, on pourrait avoir des risques de rupture sur une petite partie de la population", explique ce mardi 27 septembre sur franceinfo Bruno Lebreton, chef de la Misen (mission interservices de l'eau et de la nature) des Côtes-d'Armor où il y a un risque sérieux de rupture d'eau potable, alerte la préfecture. La pluviométrie est en-dessous de la normale, "- 40% à - 50% selon les secteurs du département", a-t-il ajouté.

franceinfo : Quelle est la situation ?

Bruno Lebreton, chef de la Misen : On a un système qui est basé sur un approvisionnement en eau potable à partir des barrages, des cours d'eau et des eaux souterraines. Les eaux souterraines sont en rupture, les niveaux de nappes phréatiques sont très, très bas, et nous sommes obligés de jouer avec nos trois principaux barrages pour essayer d'alimenter l'ensemble du département. On a des barrages qui sont à un niveau anormalement bas pour la saison. Aujourd'hui, on a un barrage qui présente des faiblesses puisqu'on a été obligé de tirer davantage d'eau pendant la période estivale. À l'horizon de 35 à 45 jours, on pourrait avoir des risques de rupture sur une petite partie de la population.

Combien de personnes pourraient être privées d'eau potable ?

On ne serait pas dans une situation avec une rupture totale de l'approvisionnement en eau potable. On sera obligé, si on arrivait à une telle situation, d'envisager des coupures sur certains secteurs. On aura toujours un niveau de production locale qui nous permettra d'alimenter peut-être une partie de la population mais pas la totalité. Aujourd'hui, faire une estimation est un peu difficile. On espère mobiliser nos ressources complémentaires, on est en train de rechercher de l'eau, autour des carrières pour réalimenter nos usines, et en même temps on demande à tout un chacun de faire un effort sur sa consommation puisque là aussi on peut espérer gagner une dizaine de jours en réduisant la consommation d'eau à l'échelle du département. On est sur un besoin journalier d'environ 130 000 mètres cubes par jour.

Que peuvent faire les particuliers ?

On peut économiser de 15 à 20 litres parfois plus en faisant attention au niveau des douches, bien couper l'eau. On a également tout ce qui est mousseur que l'on peut équiper sur un certain nombre de robinets d'eau et qui permet d'économiser à peu près 50% d'eau. En cas de restrictions d'eau, éviter toute utilisation d'eau potable pour de l'arrosage, du lavage de voiture, etc. La consommation des particuliers représente à peu près les deux tiers des besoins en eau potable du département.

Qu'en est-il pour les entreprises ?

Les industriels sont déjà soumis à des restrictions depuis fin juillet. On leur a demandé de faire un effort pour réduire de 25% voire 40% leur consommation d'eau. Ils ont déjà fait ces efforts. On va demander une mobilisation autour de toutes les petites entreprises pour avoir exactement la même démarche qu'à titre particulier. Pour les agriculteurs, la situation est un petit peu différente, beaucoup disposent de ressources privées avec des forages ou des puits. Mais ces ressources ont tendance à se tarir et on a un report sur l'alimentation non-potable. On leur demande donc de faire un effort pour veiller à ce qu'il n'y ait pas de fuite au niveau des installations

Le servicemétéo
évolue  et s’enrichit

découvrir les nouveautés

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.