Des légumes issus de semences paysannes vont être vendus chez Carrefour

Les semences paysannes sont des semences que les agriculteurs sélectionnent eux mêmes et cultivent d'une année sur l'autre. 

Dans le rayon fruits et légumes d\'un supermarché de Strasbourg, le 30 août 2017.
Dans le rayon fruits et légumes d'un supermarché de Strasbourg, le 30 août 2017. (JEAN-FRAN?OIS FREY / MAXPPP)

Oignons roses d'Armorique, butternut Kouign Amann... Ces légumes ne vous disent rien ? Ils pourraient bientôt être commercialisés dans les enseignes Carrefour à partir de mercredi 20 septembre. Deux groupements de producteurs bretons ont passé un contrat avec l'enseigne qui va distribuer ces légumes issus de semences paysannes dans une quarantaine de magasins en Ile-de-France et en Bretagne.

Les semences paysannes sont des semences que les agriculteurs sélectionnent eux-mêmes et cultivent d'une année sur l'autre. Au contraire des hybrides fabriqués par les semenciers, les semences paysannes sont peu stables et peu homogènes, ce qui leur interdit l'entrée au catalogue officiel des espèces et variétés.

Des légumes qui s'adaptent aux aléas climatiques

L'intérêt de ces oignons roses d'Armorique, artichauts Camus du Léon, butternut Kouign Amann, ou rhubarbes acidulées de Bretagne, qui seront vendus en grande distribution pour la première fois, est qu'ils présentent un maximum de variabilité, leur permettant de s'adapter à des aléas climatiques.

Quand Carrefour a contacté les deux groupements de producteurs bretons, Kaol Kozh et APFLBB, pour distribuer ces légumes, les agriculteurs ont négocié des accords contractuels sur cinq ans, et un engagement sur les prix et les volumes.

Le coût de revient de ces légumes issus de semences paysannes peut être supérieur de 30% à des légumes issus du catalogue, notamment parce qu'ils ne mûrissent pas tous en même temps et qu'il faut plusieurs passages dans les champs pour les récolter, précise le président de Kaol Kozh.

Permettre la vente directe de semences 

La Fondation Carrefour accompagnera ainsi les producteurs dans la mise en place d'une Maison des graines des paysans consacrée à la recherche sur les espèces potagères et à l'amélioration des techniques de production de semences.

Le géant de la distribution a également mis en ligne une pétition sur carrefour.fr et Change.org pour qu'un paysan qui produit ses propres semences puisse les vendre en vente directe, alors qu'aujourd'hui il a uniquement le droit de les échanger, mais également que ces semences soient distribuées par les semenciers. "Cette initiative de Carrefour est la bienvenue", a indiqué un membre du syndicat agricole la Confédération paysanne.

Le Gnis, qui représente les semenciers, a par contre déploré que cette campagne de Carrefour "vise à faire croire que le manque de diversité de nos assiettes viendrait des semences", alors que "les sélectionneurs publics et privés sont impliqués dans la préservation de la biodiversité".