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Début des vendanges : "plus de saisonniers", mais "de faibles soutiens de la part de l’Etat", selon le président des vins de Bordeaux

Malgré le contexte sanitaire, Bernard Farges, le président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux, assure sur franceinfo voir davantage de demandes de saisonniers.

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Radio France
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Bernard Farges, le 25 avril 2016 à Bordeaux. (TARIS PHILIPPE / MAXPPP)

Alors que les vendanges débutent plus tôt que d’habitude partout en France, en raison de la canicule, Bernard Farges, le président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), estime samedi 22 aout sur franceinfo qu’il y a "de faibles soutiens de la part de l’Etat" pour aider les viticulteurs pendant la crise du Covid-19, malgré les 250  millions mis en place par le gouvernement. Il voit tout de même davantage de demandes de saisonniers, malgré le contexte sanitaire.

franceinfo : Quelles mesures sont mises en place dans les vignes bordelaises pour ce début de vendanges ?

Bernard Farges : Le principe est le même partout : la distanciation, la prévention, et les tests. Tout cela se met en place, on a beaucoup de demandes des entreprises pour tester les vendangeurs. Les services de l’ARS [Agence régionale de santé] mettent ça en place et çela fonctionne. Tout est mis en œuvre pour que les vendangeurs soient dans les meilleures conditions de travail et de sécurité sanitaire.

Il y a tout de même autant de saisonniers que l’an dernier ?

Il y en a même plus ! Parce qu’il y a encore des gens au chômage partiel, plus d’étudiants qui sont volontaires pour travailler, beaucoup de personnes qui n’ont pas pu travailler cet été, et qui sont attentives lorsque l’emploi se présente.

Depuis mai dernier, le gouvernement a débloqué des aides pour les viticulteurs, de presque 250 millions d’euros. Sont-elles utiles ?

Les 250 millions d’euros sont une bonne chose. Toutefois, la moitié était déjà des aides européennes prévues pour la viticulture. Donc il n’y que 125-130 millions d’euros supplémentaires, ce qui est plutôt faible, au regard des milliards annoncés pour l’aéronautique ou l’automobile. Alors que nous représentons 600 000 emplois en France, non délocalisables et que nous générons 12 milliards d’excédent commercial chaque année.

Pour l’instant nous sentons que nous avons de faibles soutiens de la part de l’Etat. Mais nous avons des clauses de revoyure pour parler notamment d’exonération de charges sociales, si nos recettes sont trop basses.

Le Covid-19 a représenté des surcoûts pour vous ?

L’effet Covid est surtout sur le commerce : on vend beaucoup moins de vin. Plusieurs milliards d’euros de chiffre d’affaires en moins, c’est un impact considérable pour les entreprises, qui ont dû travailler, verser les salaires, sans percevoir les recettes. C’est donc une crise importante pour l’ensemble de la viticulture, quand on sait en plus que les "taxes Trump" viennent ralentir le commerce vers les États-Unis.

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