Producteurs : fédérer pour mieux négocier ses prix

Manger plus sain et mieux rémunérer les producteurs : c'est la philosophie du projet de loi qui est actuellement en discussion à l'Assemblée nationale. L'objectif est d'encourager les agriculteurs à se fédérer pour être plus forts. 

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Vendre au bon prix pour vivre de sa production : c'était l'objectif d'Anne-Laure et Cédric Dutertre après plusieurs années à écouler leur lait sans en tirer le moindre revenu. L'exploitation familiale produit pourtant plus de 600 tonnes de lait par an, destinées à un seul et même client. Le Babybel, une marque du groupe Bel. En France, ils sont 850 éleveurs à vendre ce lait à cet industriel français. Il y a quelques années, tous ont décidé de s'unir pour parler d'une seule voix et renégocier le prix du lait. Résultat : la tonne vendue il y a deux ans 287 euros en moyenne est désormais achetée par le groupe 350 euros.

Se regrouper ne suffit pas toujours

Anne-Laure Dutertre a participé aux négociations. Elle a représenté les éleveurs de Mayenne. Seulement voilà, se regrouper ne suffit pas toujours. En août 2016, les éleveurs du groupe Lactalis manifestaient leur colère devant le siège du groupe. Deux ans plus tard, l'industriel, joint par téléphone, n'a toujours pas conclu d'accord avec l'ensemble de ses éleveurs. Jean-Michel Yvard préside l'une de ces organisations de producteurs, qui n'est pas parvenue à s'entendre avec l'industriel. La raison, selon lui : Lactalis refuse de payer plus cher le lait "made in France". Les industriels ont jusqu'à cet automne pour conclure ces accords avec les organisations de producteurs, mais pour l'instant, aucune sanction n'est prévue pour ceux qui ne joueront pas le jeu. Ce pourrait être l'un des enjeux du projet de loi discuté à l'Assemblée.

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