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Ce que l'on sait du contenu du rapport sur le prix de la viande

Le médiateur des prix agricoles a rendu mardi soir son rapport sur le prix de la viande.

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Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, lors d'une réunion avec des agriculteurs à Caen, le 21 juillet 2015. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Attendu comme un sauveur, le médiateur des relations commerciales agricoles Francis Amand a rendu son rapport sur les origines du prix de la viande, mardi 21 juillet dans la soirée. L'objectif de ce document remis au ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, est de déterminer les responsabilités des acteurs de la filière d'élevage – industriels, grande distribution – dans la crise des éleveurs. Depuis plusieurs années, ceux-ci voient leurs revenus baisser à cause de coûts de production en hausse, et de prix à la consommation trop bas qui ne permettent pas de compenser les contraintes budgétaires des éleveurs. Le rapport n'a pas encore été diffusé publiquement, mais quelques grandes lignes ont été dévoilées. Francetv info fait le point.

Pourquoi ce rapport a-t-il été sollicité ?

Rédigé à la demande du ministre de l'Agriculture, ce rapport doit vérifier la bonne application de l'accord signé le 17 juin entre les acteurs de la filière. Ce dernier prévoit la revalorisation des tarifs de la viande afin de soulager la production des éleveurs face aux prix cassés de la grande distribution. Un mois après sa signature, "la grande distribution semble avoir joué le jeu sur le prix de la viande de porc, mais on est plutôt à mi-chemin sur celui de la viande bovine", selon Stéphane Le Foll.

Le début de la mobilisation des éleveurs le 19 juillet a précipité le rendu du rapport, vingt-quatre heures avant la date butoir. Le gouvernement s'est appuyé sur ce document pour établir une série de 24 mesures d'urgence à destination des éleveurs en crise.

Qui a rédigé ce document ?

Depuis le 1er juillet, le médiateur des relations commerciales agricoles Francis Amand a entrepris de déterminer les origines du prix de la viande porcine et bovine. Cet ancien de l'Insee et de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) est réputé pour sa rigueur et son impartialité. Il a travaillé notamment avec les données confidentielles de FranceAgrimer, l'établissement public des produits de l'agriculture et de la mer, pour établir ses observations.

Quelles sont ses principales conclusions ?

Si le rapport n'a pas encore été rendu public, quelques éléments diffusés dans la presse permettent de connaître quelques-unes de ses conclusions. 

Un relèvement effectif des prix dans la filière porcine. Sur le marché au cadran de Plérin (Côtes-d'Armor), le prix d'achat aux éleveurs du kilogramme de porc se situe actuellement entre 1,38 euro et 1,40 euro, un résultat proche de l'objectif de 1,40 euro fixé le 17 juin, développe Le Monde. "Nous sommes proches de l’objectif fixé ensemble, a déclaré Stéphane Le Foll. Des opérateurs ont pleinement joué le jeu, d’autres ont suivi." Selon la FNSEA, l'objectif de 1,40 euro reste cependant insuffisant.

Des efforts à faire dans la filière bovine. En revanche, sur le marché de la viande bovine, les conclusions sont mitigées : "La hausse a été de 10 centimes le kilogramme de viande, sur les 20 centimes prévus", déplore Xavier Beulin, le président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA). "La situation est hétérogène, des entreprises jouent le jeu, d’autres non." 

L'endettement de la filière, un poids pour la compétitivité. Le rapport insiste sur les conséquences de l'endettement de la filière sur la compétitivité du secteur. Le 17 juillet, Stéphane Le Foll avait déclaré que "10% des éleveurs français pourraient déposer le bilan". En cause, notamment, les dettes élevées des éleveurs contractées auprès de leurs fournisseurs, ce qui correspond à environ 25 000 exploitations, et menaceraient 40 000 à 80 000 emplois"

Du "ménage" à prévoir chez certains industriels. Le rapport ne stigmatise aucune profession, mais admet en filigrane le rôle des intermédiaires industriels (abattoirs, usines de transformation) dans la crise, pointant une volonté de tirer les prix vers le bas. "Les éleveurs prennent très cher", a confié un éleveur au Parisien. Pour le président de la Fédération nationale bovine (FNB), ce document est une petite satisfaction : "Pour une fois, la grande distribution est dans les clous. Il y a une diversité au niveau de l’abattage sur le territoire et on va faire le ménage parmi les entreprises."

Quelle est la position du gouvernement ?

Stéphane Le Foll a répété qu'il ne voulait pas dévoiler de noms de responsables afin de préserver l'unité de la filière d'ici la sortie de crise.

Une réunion de tous les acteurs est prévue ce mercredi après-midi pour débattre du plan d'urgence annoncé dans la matinée par le gouvernement.

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