Consommation : les hypermarchés dictent encore leur loi

En un an, la loi alimentation n'a pas permis de rééquilibrer les relations entre producteurs et distributeurs. Les agriculteurs espéraient beaucoup de ce dispositif pour être rémunérés au juste prix. Les témoignages recueillis montrent que les hypermarchés imposent toujours leurs règles.

FRANCE 3

Contraindre la grande distribution à mieux rémunérer les agriculteurs : c'était l'une des promesses de la loi EGalim. Mais près d'un an plus tard, l'objectif est loin d'être atteint. Dans un rapport, des députés dénoncent les pratiques de la grande distribution. Guerre des prix, moyens de pression, abus de position... Une situation dont témoignent des producteurs sous couvert d'anonymat. "Le prix de vente de mes abricots a baissé de 0,15 €. C'est lié essentiellement à des distributeurs qui ne veulent pas payer le prix", déplore l'un d'eux.

Un rapport orienté ?

Les producteurs ne sont donc pas mieux rémunérés qu'avant la loi. C'est le deuxième constat du rapport. En 2019, dans 60% des cas, les prix payés aux agriculteurs ont baissé. 12% d'entre eux sont restés identiques et seuls 28% ont augmenté. Une situation qui s'explique par un rapport de force inégal, selon Dominique Chargé, président de Coop de France. La Fédération du commerce et de la distribution (FCD), elle, dénonce un rapport orienté. Les députés auteurs du rapport ont émis 41 propositions pour rééquilibrer la loi. Parmi elles, l'instauration de dialogues plus fréquents sur les tarifs.

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Un rayon de supermarché à Paris, le 2 mars 2019.
Un rayon de supermarché à Paris, le 2 mars 2019. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)