Canicule : la situation "très grave" pour les agriculteurs pourrait mener à une hausse du prix des produits laitiers

Les faibles récoltes de blé et de maïs vont entraîner une hausse du prix des aliments pour les éleveurs, ce qui risque de provoquer une baisse de la production de lait.

La canicule et la sécheresse pourraient entraîner une hausse du prix des produits laitiers.
La canicule et la sécheresse pourraient entraîner une hausse du prix des produits laitiers. (DAMIEN MEYER / AFP)

La canicule et la sécheresse ont des conséquences aussi pour les agriculteurs. Les récoltes de blé et de maïs ont été médiocres et les prix s'envolent : + 22% pour le blé, + 18% pour le maïs, en moins de deux mois. Une situation "très grave" estime Didier Nedelec, directeur général de "Offres et demandes", un cabinet de conseil sur les marchés agricoles. Sur franceinfo ce mercredi il pointe le risque d'une augmentation des prix des produits laitiers "en particulier du beurre".

franceinfo : Partagez-vous le constat de la FNSEA qui parle d'une situation très grave pour les agriculteurs ?

Didier NedelecLa situation est très grave, en effet, à deux titres. Une canicule qui impacte les éleveurs et les cultures d'automne, c'est-à-dire le maïs, les pommes de terre, les betteraves. Mais il y aussi une séquence météorologique depuis janvier qui a été très défavorable aux cultures, en Europe de l'Est et en Europe de l'Ouest, avec des inondations à certaines périodes, des froids extrêmes à d'autres et ensuite une sécheresse qui s'est installée depuis mars, partout en Europe de l'Est et partout en Europe de l'Ouest.

Moins de production de céréales, cela signifie aussi que les agriculteurs vont pouvoir les vendre plus cher. N'est-ce pas paradoxalement une bonne affaire pour certains céréaliers ?

Il faut faire attention. D'un côté, il y a une problématique mondiale sur le blé où cette année, nous allons produire 720 millions de tonnes de blé dans le monde, alors que la demande est autour de 750 millions de tonnes. Ce qui a pour conséquence la remontée des cours. Mais c'est en réalité la fin d'une séquence de prix très bas qui a duré quatre ans, qui a mis en danger beaucoup d'exploitations céréalières européennes. Donc on est revenus à des prix d'équilibre, pas encore à des prix qui font que les céréaliers gagnent bien leur vie. Au niveau des éleveurs, la situation est plus dramatique avec d'un côté, les éleveurs bovins, qui ont des problèmes de fourrage. De l'autre, les éleveurs de porcs et de volailles qui vont avoir un aliment qui va monter en prix, dans les semaines qui viennent à cause de l'augmentation du prix des céréales.

Est-ce que cela aura des conséquences sur le prix du lait ou de la viande par exemple ?

Compte-tenu de la situation mondiale, c'est probable. En lait, on peut avoir des difficultés importantes, car les vaches produisent moins. Dans le nord de l'Europe, en Allemagne en particulier, certains éleveurs sont obligés d'amener leurs vaches à l'abattoir car ils n'ont pas assez de fourrage pour les nourrir. On va avoir, semble-t-il, une production de lait qui sera en baisse significative. Donc on peut s'attendre à des prix de produits laitiers qui augmentent, en particulier le beurre.