Baisse de production des vins français : "Je ne pense pas qu'il faille être pessimiste", estime le représentant des vins de Bourgogne

François Labet affirme : "On va vendanger tard. On va revenir à des normales parce qu'effectivement, vendanger le 1er septembre ou le 25 août, ce n'était pas très normal."

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Radio France
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Vendanges tardives au domaine Martial Dirringer à Dambach-la-Ville (Alsace) le 18 novembre 2020. (FRANCK DELHOMME / MAXPPP)

"Je ne pense pas qu'il faille être pessimiste", a affirmé vendredi 6 août sur franceinfo François Labet, président du bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne, alors que le ministère de l'Agriculture a annoncé que la production française de vin devrait être en baisse de 24 % à 30 % en 2021 pour se situer à un niveau "historiquement bas" en raison notamment de l'épisode sévère de gel printanier. "On a l'habitude dans les vignobles septentrionaux d'être confrontés à ces épisodes", souligne François Labet. Mais il estime que l'"on va revenir à des normales" pour les vendanges. "Vendanger le 20 septembre, moi personnellement, cela ne me dérange pas."

franceinfo : Quelle est la situation en Bourgogne à l'approche des vendanges ?

François Labet : Le Bourgogne, comme la quasi-totalité du vignoble français, a été impactée par le gel de début avril : trois nuits avec des températures très basses. Évidemment ce sont les cépages les plus précoces, cépages Chardonnay qui produisent du vin blanc, qui ont été les plus touchés, de Chablis jusqu'à Mâcon en passant par les célèbres villages de la Côte de Beaune, Meursault, Puligny-Montrachet, Chassagne-Montrachet. A cela s'ajoute un printemps pas terrible, beaucoup de pluie, du froid, un début d'été pas terrible. C'est assez compliqué, d'autant que le vignoble bourguignon est majoritairement engagé dans une transition écologique pour produire des vins bio ou en biodynamie. La pluie et l'humidité, c'est parfait pour les girolles et les cèpes. C'est moins bien pour la vigne parce que cela apporte tout un lot de champignons. On a l'habitude dans les vignobles septentrionaux d'être confrontés à ces épisodes. Mais cela devient un peu lassant.

Il y a déjà eu des mauvaises années pour le vignoble français. On parle souvent de 1977, par exemple, comme une des pires. Cette année pourrait-elle être la pire de toutes depuis une cinquantaine d'années au moins ?

Je ne pense pas qu'il faille être pessimiste à ce point. On voit qu'il y a des retournements de situation. On est dans une tendance depuis le début du troisième millénaire sur des étés chauds et secs. On évite la grosse canicule. On évite les gros coups de chaud. Ce n'est pas plus mal pour la vigne. On va vendanger tard. On va revenir à des normales parce qu'effectivement, vendanger le 1er septembre ou le 25 août, ce n'était pas très normal. Vendanger le 20 septembre, moi personnellement, cela ne me dérange pas.

Cette mauvaise année met-elle en danger des exploitations qui ont été déjà touchées par le confinement et la chute des ventes dans la restauration ?

Bien sûr. Certains qui avaient une clientèle plutôt hexagonale ou périphérique et qui faisaient beaucoup de réceptifs dans les caveaux, ont été très impactés l'année dernière. Pour ceux qui ont une clientèle structurée, cavistes français et à l'export, cela a plutôt bien fonctionné. Mais certains qui produisent des raisins et vendent des raisins à des vinificateurs ou qui produisent du vin qu'ils vendent à des négociants-éleveurs, vont effectivement se retrouver avec une récolte bien moindre que la récolte habituelle, dès octobre-novembre.

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