Assurance pour les agriculteurs : "C'est un changement important, il faut inciter les agriculteurs à s'assurer" estime Christiane Lambert, présidente de la FNSEA

Le gouvernement veut inciter les agriculteurs à souscrire à une assurance privée, à un tarif régulé. Ceux qui feront cette démarche serait mieux remboursé par l'État.

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Christiane Lambert est la présidente de la FNSEA, premier syndicat agricole français. 
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Emmanuel Macron a annoncé la création d'un système d'assurance récolte, doté de 600 millions d'euros par an pour aider les agriculteurs victimes des aléas climatiques. "C'est un changement important, il faut inciter les agriculteurs à s'assurer", a réagi vendredi 10 septembre sur franceinfo Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.

franceinfo : Que va changer cette nouvelle assurance ?

Christiane Lambert : C'est un changement important puisque pour les sinistres qui sont entre 20% et 55% de pertes les agriculteurs seront encouragés à s'assurer avec une [assurance] multirisque climatique. Ils auront un coup de pouce financier pour s'assurer davantage et lorsqu'il y a des sinistres plus importants c'est la solidarité nationale qui jouera. Ce sont les assureurs qui géreront et non pas les services administratifs qui mettent neuf mois à rembourser.

Donc, c'est une fusée à trois étages. Et cela correspond à ce qui avait été préconisé par le député M. [Frédéric] Descrozaille qui a travaillé sur ce sujet avec les organisations professionnelles. Les évènements climatiques de 2021 ont emporté la décision et le gouvernement a compris qu'il fallait le faire maintenant.

Cette année a-t-elle été celle de trop pour les agriculteurs ?

Oui. Rappelez-vous le gel. Toutes les régions françaises ont été touchées, les viticulteurs vendangent aujourd'hui et c'est 30% de perte. C'est catastrophique, c'est aussi de l'argent en moins dans les revenus. Il y a 70% d'abricots en moins donc des prix plus élevés de 20% à 25%. Donc, il faut d'abord protéger nos récoltes et quand il y a des pertes il faut que les agriculteurs perçoivent des indemnités supplémentaires d'assurance, puis de solidarité nationale pour pouvoir tenir économiquement.

Nos entreprises n'ont pas de toit. On travaille à ciel ouvert et il est capricieux. On ne peut pas fonctionner comme si on fabriquait des métaux ou des rouleaux d'adhésif. L'agriculture c'est du vivant. Il y a une adhésion de l'opinion aujourd'hui. Si on veut avoir des productions en quantités, il faut protéger, et il faut que les exploitations tiennent quand il y a des coups durs.

Avez-vous chiffré les pertes pour 2021 ?

L'estimation des dégâts des gels sur la viticulture, les légumes, les fruits, était de plus de 4 milliards d'euros. L'Etat a mis un milliard d'euros sur la table, mais en aucun cas et jamais cela ne couvre la totalité de la perte.

À terme l'objectif est d'avoir 70% à 80% des agriculteurs couverts par une assurance. Il faut inciter les agriculteurs à s'assurer. On assure sa voiture, sa maison, son chien, son chat, son cyclo et on n'assure pas ses récoltes alors qu'elles sont très exposées au climat. C'est une nouvelle culture qu'il faut développer. C'est un travail de conviction que nous allons faire auprès des agriculteurs.

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