Annulation du Salon de l'agriculture : la FNSEA va "réfléchir à des alternatives"

Christiane Lambert confirme que le Concours général agricole aura bien lieu. C'est lui qui permet aux producteurs d'accoler sur leurs produits les étiquettes "médaille d'or", "médaille d'argent", "médaille de bronze".

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Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, lors de l'inauguration de la 57e édition du Salon de l'agriculture, le 22 février 2020. (LUDOVIC MARIN / AFP)

"Les Français attendent les agriculteurs, et les agriculteurs ont besoin de ce contact avec les Français, donc nous allons réfléchir à des alternatives", a affirmé Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, mercredi 14 octobre sur franceinfo, après l'annulation de l'édition 2021 du Salon de l'agriculture, qui devait se tenir à Paris du 27 février au 7 mars. "Nous allons par exemple organiser des marchés dans Paris à ciel ouvert (…) Nous réfléchissons aussi à des événements en province", a-t-elle expliqué. Et le Concours général agricole aura bien lieu.

franceinfo : Est-ce une décision que vous comprenez ?

Christiane Lambert : Oui, c'est une décision que nous comprenons. Nous l'avons partagée hier matin avec l'ensemble des organisations agricoles majoritaires. La situation sanitaire prime sur tout le reste. Et comme beaucoup d'autres événements, c'est bien à contrecœur que nous avons pris cette décision. Mais il y a derrière un enjeu d'organisation énorme avec des exposants qui veulent savoir, notamment les internationaux, notamment les producteurs, s'ils pourront être là ou pas. Et pour le mois de février, ce que nous voyons aujourd'hui de l'évolution sanitaire ne nous permet pas d'apporter toutes les garanties. Et puis, ce qui prime, c'est la sécurité du public aussi. Donc, cette décision, elle était difficile à prendre, nous la prenons à contrecœur et nous cherchons des parades et des alternatives de contacts avec l'opinion.

Le Salon de l'agriculture, c'est en moyenne 600 000 visiteurs chaque année. C'était vraiment impossible de faire autrement, d'imaginer, par exemple, une jauge réduite ?

Non, quand vous voyez les images du Salon de l'agriculture avec les déambulations, les gens à touche-touche les uns contre les autres dans les couloirs, ce n'est pas possible de filtrer, ça serait beaucoup trop compliqué. Par contre, ce que l'on sait aussi, c'est que les Français attendent les agriculteurs, et les agriculteurs ont besoin de ce contact avec les Français, donc nous allons réfléchir à des alternatives. Nous allons par exemple organiser des marchés dans Paris à ciel ouvert et avec toutes les règles barrières respectées. Nous réfléchissons aussi à des événements en province.

Et puis, très important aussi, le Concours général agricole, celui qui fait concourir les produits différents territoires, les fromages, les vins, les charcuteries, le miel, aura lieu. 

Christiane Lambert, présidente de la FNSEA

à franceinfo

Les 6 000 personnes du jury se réuniront dans quatre villes françaises. Nous sommes en train de l'organiser; parce que pouvoir accoler les étiquettes "médaille d'or", "médaille d'argent", "médaille de bronze" sur les produits, c'est très important pour les producteurs. Jamais les Français n'ont autant demandé de produits de proximité, et nous ne voulons pas rater cette année. Donc nous allons l'organiser, mais différemment, pour que les producteurs et vendeurs directs, notamment, s'y retrouvent.

Comment le monde agricole surmonte-t-il la crise sanitaire et économique actuelle ?

Nous sommes moins touchée que les hôteliers-restaurateurs ou un certain nombre d'organisateurs d'événements qui, eux, sont complètement à l'arrêt.

L'activité de production continue mais il y a des sacrés chambardements ! Quand il n'y a plus de restaurants ouverts, c'est moins de frites, moins de bière, moins de vin, moins de cidre, moins de canards qui sont consommés, plein de produits qu'on a l'habitude de manger plus au restaurant qu'à la maison. 

Christiane Lambert

Et ça a occasionné pour certains secteurs, que nous avons accompagnés, des coûts importants. Nous invitons tous les acteurs à consommer davantage de produits français, notamment les distributeurs, notamment la restauration à domicile qui redémarre, je crois que la priorité c'est la solidarité pour maintenir les emplois dans l'agriculture et l'agroalimentaire, c'est de se concentrer sur l'approvisionnement français.

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