Aides de l'Europe : le cri d'alarme d'un éleveur bio

Benoît Biteau, éleveur bio à Sablonçeau (Charente-Maritime), n'a touché aucune aide de la Politique agricole commune depuis 2015. L'Etat lui doit 70 000 euros. 

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France 2

Toutes ses chèvres poitevines, Benoît Biteau, éleveur bio à Sablonçeau (Charente-Maritime), les trait à la main, matin et soir, parce que, dit-il, "cela permet de passer plus de temps avec [ses] animaux". Et surtout "ça ne dure pas plus longtemps que traire avec la machine". Comme il a choisi de travailler de façon biologique, l'éleveur a le droit de toucher des aides européennes. Des aides promises par l'État mais toujours pas versées. "Là il y a trois années de retard pour les aides au ratio / races menacées donc 2015, 2016, 2017. Le cumul non payé par l'Etat ce sont 70 000 euros qui montent dans les caisses de cette ferme aujourd'hui". Soit un tiers de son chiffre d'affaires. Il aurait dû percevoir ces aides pour ses races d'animaux protégés et pour la culture de céréales et de légumes bio.

Un problème de logiciel informatique selon l'Etat

Ce paysan engagé est aussi conseiller régional, élu du parti radical de gauche. Au bord du gouffre financier, il a bien l'intention de faire entendre sa voix. Les services de l'Etat eux, évoquent un problème de logiciel informatique. Alain L'Heveder, responsable de l'unité des aides directes DDTM en Charente-Maritime l'affirme : "Pour traiter ces dossiers, on utilise des outils informatiques qui sont développés par l'organisme payeur et aujourd'hui on est dans l'attente des développements informatiques stabilisés, complètement aboutis nous permettant de traiter ces dossiers". Des explications que Benoît Biteau n'accepte pas. L'éleveur risque de déclarer son exploitation en faillite à la fin du mois d'août. Depuis quelques jours, il reçoit plusieurs chèques de soutien. Sur Internet, il a ouvert une cagnotte pour payer les frais bancaires liés à ses problèmes financiers. Il a déjà récolté plus de 20 000 euros pour l'encourager à continuer son combat pour une agriculture propre. Et l'éleveur n'est pas le seul cas concerné. Plus de 25 000 agriculteurs biologiques attendent leurs aides en Europe. Près des trois quarts sont installés en France.

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