Enquête : les victimes invisibles de l'esclavage moderne

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Enquête : les victimes invisibles de l'esclavage moderne
Article rédigé par
C.Verove, E.Martin, V.Lucas, A.Gouty, C.Cormery, V.Castel, L. Barbier - France 2
France Télévisions

Travailler jour et nuit sans contrat ni salaire, dormir par terre... L'esclavage est puni par la loi, mais existe bel et bien encore en France. Les victimes sont souvent des personnes vulnérables, en situation irrégulière, qui peinent à trouver un recours pour dénoncer leurs employeurs.

D., venue d'Afrique du Nord pour des raisons médicales, a été une "esclave moderne" durant plus d'un an et demi. La famille qui l'hébergeait lui a confisqué son passeport, et l'a obligée à travailler. "Je gardais les enfants, je cuisinais pour la famille, pour le restaurant aussi. Je dormais deux heures, trois heures, une heure, ça dépendait", se souvient-elle. Logée dans le même studio que ses employeurs, elle dormait à même le sol, sans contrat ni salaire. Aidée par un voisin, elle a réussi à prendre la fuite.

Des personnes vulnérables

Comme elle, près de 350 personnes sont chaque année victimes d'exploitation. Elle touche des personnes fragiles et isolées. "La vulnérabilité des personnes (…) est la base de l'exploitation, et du système d'emprise mis en place par l'exploiteur", explique Annabel Canzian, juriste au comité contre l'esclavage moderne.

En 2018, S., un jeune Afghan, a été transporté jusqu'en Champagne pour faire les vendanges, dans des conditions jugées indignes. Ses employeurs ont été jugés coupables de "traite d'êtres humains" et condamnés à trois ans de prison et 100 000 euros d'amende. La gérante met en cause d'autres responsables, et une sous-traitance en cascade. "Un des facteurs de vulnérabilité aussi des victimes, c'est que souvent elles sont recrutées par une structure, employées par une autre, et payées par une troisième", explique le Colonel Dominique Lambert, chef de l'Office central de lutte contre le travail illégal. 

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