Des milliers d'intermittents mobilisés contre les propositions du Medef

Ils protestent contre la volonté du patronat de supprimer leur régime spécifique d'indemnisation chômage.

Des intermittents manifestent à Lille (Nord), jeudi 27 février 2014. 
Des intermittents manifestent à Lille (Nord), jeudi 27 février 2014.  (FABIEN GARREAU / FRANCE 3 NORD-PAS-DE-CALAIS )

Ils sont plusieurs milliers dans les rues de Paris, selon les estimations de l'AFP. Entre 2 000 et 4 000, selon une journaliste de Politis sur place : les intermittents du spectacle se mobilisent, jeudi 27 février, pour protester contre la volonté du Medef de supprimer leur régime spécifique d'indemnisation chômage.

Dans la capitale, ils ont commencé à défiler en début d'après-midi, place du Palais-Royal, à proximité du ministère de la Culture, direction le siège du patronnat, dans le 7e. 

C'est là que doit débuter, dans l'après-midi, l'avant-dernière séance de négociations sur le régime d'assurance-chômage entre patronat et syndicats de salariés. Les intermittents rejoindront sur place des salariés du régime général et des demandeurs d'emplois, rassemblés devant le siège patronal à l'appel de la CGT.

Le Medef en ligne de mire

"Le medef 'partenaire' social ? quelle comédie !!", "spectacle minable au Medef", "1 300 euros par mois, 13 employeurs par an, vie ma vie d'intermittente Monsieur du Medef", "Ça sent le Gattaz !! ça va péter", proclamaient des banderoles tenues par tous les corps de métier concernés par le statut : truquistes, réalisateurs, interprètes, maquilleurs, musiciens, etc.

A l'appel de la CGT-Spectacle, de FO, de la Coordination des intermittents et précaires ou encore du Syndeac (employeurs du secteur), d'autres rassemblements ont lieu en province, de Lille (Nord) à Marseille (Bouches-du-Rhône), où plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dans la matinée sous les fenêtres du patronat local. 

"Cela serait la destruction de la culture"

Dans un projet d'accord transmis mercredi aux syndicats, le Medef a réitéré sa proposition de supprimer le régime spécifique des intermittents du spectacle. Il propose qu'une "concertation" soit engagée avec l'Etat pour que celui-ci finance le surcoût lié au régime des intermittents, qui s'élèverait entre 300 à 350 millions d'euros, selon un récent rapport parlementaire. "Les règles spécifiques relatives à l'indemnisation" des ouvriers et des techniciens du spectacle doivent être "alignées sur celles du règlement général", stipule le projet du patronat. 

Invité d'i-Télé,  la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a fait part de son désaccord face à ces propositions : "Si jamais les propositions du Medef par un effet désastreux étaient mises à exécution, ça serait la destruction de la culture, de tout le réseau culturel sur l'ensemble du territoire français", a-t-elle réagi. Une crainte que partagent les intermittents du spectacle.