"On est comme des Kleenex" : le témoignage d'un travailleur précaire, entre CDD et périodes de chômage

Le gouvernement estime que certaines règles du cumul emploi-chômage n’incitent pas au retour à l’activité pleine. II demande aux syndicats et au patronat de durcir les règles de l’activité réduite dans le cadre de la réforme de l'assurance-chômage. 

Une agence Pôle Emploi à Paris. 
Une agence Pôle Emploi à Paris.  (Laurent Kramer)

Comme 800 000 personnes en France, Mohammed alterne périodes de chômage et courts CDD. Il a peur aujourd’hui de perdre ses droits à l’indemnisation chômage. Les négociations sur la réforme de l’assurance-chômage abordent, à partir de ce mercredi 6 décembre, les règles d'indemnisation des chômeurs. Le gouvernement demande aux syndicats et au patronat de durcir le dispositif permettant d'enchaîner des petits boulots tout en touchant une allocation chômage, sans limite dans le temps.  

Mohammed est reprographe. Il est inscrit à Pôle emploi depuis 2012 et travaille en activité réduite. Il décroche quelques contrats par an, des CDD ou des missions d'intérim. Chaque mois, c'est un nouveau combat : "Je suis bientôt en fin de droits. Je cherche toujours du travail. Je prends ce qu’on me donne, je fais des remplacements des missions d’un mois, un mois et demi".

C'est une lutte quotidienne pour vivre correctementMohammedà franceinfo

Quand Mohammed travaille un mois, il gagne un peu plus de 1 300 euros net, ce qui lui permet de recharger ses droits à l'assurance-chômage. Quand il ne travaille pas, il touche 600 euros d'allocations. Un filet de sécurité qui lui permet tout juste de ne pas sombrer. "Avec 600 euros, j’arrive juste à payer mon loyer et honnêtement je n’ai pas grand-chose pour finir le mois. Je suis obligé d’aller au Resto du coeur et de bénéficier des colis alimentaire. Ces aides sont vitales".

Pour le gouvernement et le patronat, les règles actuelles qui permettent de cumuler une activité et une allocation n'incitent pas les chômeurs à retrouver un emploi durable. Un argument que conteste Mohammed. Pour le reprographe, ma responsabilité est du côté des entreprises : "Les  employeurs ne veulent plus de CDI ! Ce n’est pas qu’on m’a proposé et que je ne voulais pas. Non ! Les employeurs abusent car le système les arrange, ils ont moins de frais. On est comme des Kleenex ! Cette précarité doit s’arrêter."