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Hausse du chômage : comment l'exécutif tente de sauver la face

Le pari d'inverser la courbe du chômage est en train de devenir un piège pour le chef de l'Etat. Mais l'Elysée et Matignon tentent de relativiser.

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France Télévisions
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Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à sa sortie d'une agence Pôle emploi à Lorient (Morbihan) le 27 décembre 2013.  (FRANK PERRY / AFP)

Le répit aura été de courte durée : le chômage est reparti à la hausse en novembre, avec 17 800 demandeurs d'emploi sans activité supplémentaires (soit +0,5%), selon des chiffres publiés jeudi 26 décembre.

Même si François Hollande maintient que l'inversion du chômage promise pour fin 2013 est "amorcée", cette nouvelle hausse montre que le pari d'inverser la courbe est en train de devenir un piège pour le chef de l'Etat. Voici comment l'exécutif encaisse la nouvelle et tente de relativiser.

L'inversion de la courbe "est bien amorcée"...

Aussitôt les (mauvais) chiffres de novembre publiés, l'Elysée démine. François Hollande juge que "l'inversion de la courbe du chômage, sur laquelle [il s'est] engagé, est bien amorcée", en dépit de la hausse du nombre de demandeurs d'emploi. Si les chiffres de novembre "viennent atténuer ceux du mois d'octobre", "ils ne modifient pas la tendance", martèle la présidence de la République. Un message également relayé par le gouvernement et le Parti socialiste. 

Vendredi matin, Jean-Marc Ayrault s'est rendu dans le Morbihan. A l'occasion de sa visite dans une agence Pôle emploi à Lorient, il a assuré : "Cette bataille contre le chômage, nous allons la gagner." "Je comprends évidemment l'impatience des gens qui sont au chômage, qui ne se contentent pas des statistiques et qui parfois sûrement s'irritent des débats sur le mois de novembre par rapport au mois d'octobre", a-t-il ajouté, avant de revenir sur ces chiffres mensuels.

... mais "les chiffres ne sont pas mirobolants"

En coulisses, l'exécutif tente de faire bonne figure. Car ces derniers jours, tous espéraient de bons résultats, grâce notamment aux emplois aidés. "C’est globalement pas de bol", glisse un proche du chef de l'Etat au Parisien. Un coup dur pour François Hollande qui espérait terminer 2013 sur une note positive. Le président a encaissé la nouvelle "froidement mais calmement", selon ses proches, cités par Europe 1. a n'est pas la troisième guerre mondiale", relativise l'un d'entre eux. 

"On peut faire dire aux chiffres ce que l'on veut, estime un conseiller de l'Elysée auprès du Figaro. Chacun y trouvera ce qu'il voudra y trouver. La tendance est confortée mais ces chiffres ne sont pas mirobolants. Il faut rester très, très prudents. Ce ne sont pas les lendemains qui chantent."

Tous les yeux sont rivés sur janvier

Mardi 31 décembre, François Hollande présentera ses vœux aux Français. "Il va redire que la tendance est bien amorcée", prévient son entourage, cité par Le Parisien. Reste que le président de la République s'est tellement engagé à inverser la courbe qu'il joue une partie de sa crédibilité sur cette question. 

Désormais, la présidence de la République attend le 27 janvier, jour de la publication des chiffres du chômage de décembre, pour dresser le bilan de la promesse de François Hollande. "Les fragiles espoirs de François Hollande se reportent désormais" sur ces chiffres, écrit Le Figaro. "Si on échoue, on est très mal…", confie un conseiller du président au quotidien. "L'inversion de la courbe du chômage est bel et bien engagée en ce 4e trimestre", s'est aussi félicité le ministre du Travail, Michel Sapin, lors d'une conférence de presse. 

"Le mois de décembre sera important pour confirmer" l'inversion de la courbe, ajoute Michel Sapin. Vendredi matin, le ministre du Travail, qui appelle à considérer la moyenne sur le trimestre, du fait de la volatilité des données mensuelles, a estimé que "l'inversion de la courbe est en train de naître". "Aujourd'hui, ce sont les prémisses. Les chiffres du chômage au mois le mois, ça baisse puis ça monte. Ce qui compte, c'est comment ça bouge, et la tendance est une tendance à la baisse", a-t-il insisté. Et le ministre ajoute : "Aux deux derniers mois du quatrième trimestre, [en moyenne] le chômage recule, c'est ça une vraie tendance."

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