"Ça devient de plus en plus compliqué" : les chômeurs inquiets après la présentation de la réforme de l'assurance-chômage

Édouard Philippe a détaillé mardi les principales mesures de la réforme de l'assurance-chômage voulue par l'exécutif. Elle prévoit notamment un durcissement des conditions d'accès à l'indemnisation chômage.

Une enseigne Pôle-emploi (illustration).
Une enseigne Pôle-emploi (illustration). (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Le Premier ministre Édouard Philippe a présenté mardi 18 juin à Matignon une vaste réforme de l'assurance-chômage qui doit permettre d'économiser 3,4 milliards d'euros d'ici 2021. Parmi les principales mesures : un bonus-malus sur les CDD, une dégressivité des allocations des salariés les mieux payés, et surtout un durcissement des conditions d'accès à l'indemnisation chômage. À partir du 1er novembre, il faudra avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois - au lieu de quatre mois sur 28 - pour accéder à l'assurance-chômage.

"Ils ne proposent que des missions courtes"

C'est cette mesure qui inquiète particulièrement les demandeurs d'emploi. C'est le cas par exemple de Gabrielle, rencontrée devant une agence Pôle emploi de Paris. Elle enchaine les contrats courts. Selon elle, ce n'est pas le moment de durcir les règles de l'assurance-chômage, au contraire. "Ça devient de plus en plus compliqué, assure-t-elle. Ce n'est pas toujours évident parce qu'ils [les employeurs] ne proposent que des missions courtes en ce moment."

Gabrielle est embauchée en CDD sur des périodes d'un ou deux mois et parfois pour quelques jours seulement. Avec la réforme et l'obligation de justifier de six mois de travail au lieu de quatre, elle assure qu'elle ne pourrait plus prétendre à l'assurance-chômage. "C'est pour ça que je vais essayer de postuler davantage et de continuer à faire des recherches de mon côté sur mon ordinateur, explique Gabrielle. Mon conseiller Pôle emploi est là aussi et va m'aider. Mais j'espère que j'aurais bientôt des contrats un peu plus long."

"La conjoncture est meilleure", justifie l'exécutif

Le Premier ministre Édouard Philippe a justifié la réforme mardi : "Les règles actuelles datent de 2009, c'est-à-dire d'une époque où il fallait amortir le choc de la crise économique et financière. Aujourd'hui, la conjoncture est meilleure. Il est donc normal que les règles d'accès changent aussi." Les syndicats, eux, ont immédiatement fait part de leurs critiques. Notamment Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. Il a qualifié les mesures présentées par le gouvernement de "profondément injustes" et "extrêmement dures" pour les personnes précaires alternant périodes d'emploi et de chômage.