Comment peut-on expliquer la nette baisse du chômage en 2019 ?

Le nombre de demandeurs d'emploi sans activité a reculé de 3,3% l'an dernier, à la grande satisfaction du gouvernement.

Une agence Pôle emploi du 12e arrondissement à Paris, le 4 novembre 2019.
Une agence Pôle emploi du 12e arrondissement à Paris, le 4 novembre 2019. (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / AFP)

Une bonne nouvelle dont l'exécutif s'est réjoui haut et fort. Le chômage a nettement diminué en France en 2019, selon les chiffres publiés lundi 27 janvier par Pôle emploi. L'organisme a enregistré 120 700 demandeurs d'emploi sans activité en moins (-3,3%), soit la plus forte baisse depuis la crise de 2008. Il faut en effet remonter à 2007 pour observer une baisse plus forte de janvier à décembre. Cette année-là, le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A avait diminué de 10,6%, soit 262 000 personnes.

"Le chômage continue à baisser significativement. Ce signal d'espoir concret est important et montre qu'il n'y a pas de fatalité", a estimé la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, en marge d'un déplacement dans l'Essonne. Mais à quoi est due cette baisse du chômage ?

La création d'emplois a été plus forte que prévu

Première explication : la création d'emplois dynamique et supérieure à l'augmentation de la population active. L'Insee s'attend à 263 000 créations d'emploi nettes sur l'année 2019 (dont 215 000 dans le secteur marchand) contre 230 000 en 2018.

"Ces créations ont été plus fortes que ce que la croissance (prévue à 1,3%) nous laissait attendre. On a besoin de plus d'emplois pour la même production", a déclaré la directrice de la Dares (le service de statistiques du ministère du Travail), Selma Mahfouz, devant la commission des finances de l'Assemblée, mercredi 22 janvier.

Toutes les catégories enregistrent une diminution, y compris le chômage de longue durée (-2,5% sur un an). Est également en repli le nombre de chômeurs chez les moins de 25 ans (-1,4% sur un an) et les seniors de 50 ans et plus ( -2,1% sur un an). Pour la première fois depuis 2008, le nombre de demandeurs d'emploi en activité (catégories B et C) baisse également (-2,5% sur un an), un chiffre en phase avec les progressions d'embauches en CDI ou à temps plein.

Recruter coûte moins cher

Parmi les raisons invoquées de ce rebond de l'emploi : recruter coûte moins cher depuis les mesures prises en 2016 pour faire baisser le coût du travail. Début 2019, la transformation du CICE en allègements de cotisations patronales "aurait contribué à enrichir la croissance d'environ 30 000 emplois", selon l'Insee.

Reste à savoir si cet effet sera durable. Pour le premier semestre 2020, l'Insee prévoit une progression moins forte des créations d'emploi, mais restant toujours supérieure à celle de la population active. Le taux de chômage, de 8,6% au troisième trimestre, diminuerait à 8,2% mi-2020.

Les mesures fiscales dopent le pouvoir d'achat

Les mesures gouvernementales ont-elles joué ? Dans Le Parisien, l'économiste Mathieu Plane, directeur adjoint de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), attribue surtout la remontée de l'emploi aux mesures fiscales décidées par le chef de l'Etat. 

"Après la crise des "gilets jaunes", le pouvoir d'achat des ménages, notamment des classes moyennes, a été ciblé en 2019-2020, avec la prime Macron, la baisse de la taxe d'habitation, la prime d'activité, etc. explique-t-il au quotidien. Cela génère de l'emploi, c'est favorable pour le climat des affaires et les intentions d'embauche."