Chiffres du chômage : "Au regard du contexte économique, c'est plutôt surprenant"

Mathieu Plane, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), a commenté les chiffres du chômage, qui montrent une baisse de 1,5% des demandeurs d'emplois en 2018.

Le nombre de chômeurs de catégorie A a baissé de 1,5% en 2018.
Le nombre de chômeurs de catégorie A a baissé de 1,5% en 2018. (PASCAL GUYOT / AFP)

"C'est plutôt une bonne surprise, on ne s'attendait pas vraiment à cette baisse" s'étonne Mathieu Plane, économiste, directeur adjoint au département analyse et prévision de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Il réagit à la publication des chiffres de Pôle emploi, attestant d'une baisse des chômeurs de catégorie A (sans aucune activité) de 1,1% sur le quatrième trimestre 2018 et de 1,5% sur l'ensemble de l'année écoulée.

"Les chiffres de Pôle emploi ne sont pas toujours une très bonne référence sur la mesure du chômage, explique Mathieu Place. On a d'autres indicateurs, comme le chômage au sens du BIT, qui donne une photographie plus large du marché du travail, avec les emplois en face qui sont créesIl faut être prudent avec ces chiffres, c'est un angle d'attaque. Vous ne savez pas si des emplois ont été créés en face." 

Vous pouvez avoir des baisses du taux de chômage qui ne sont pas forcément liées à de bonnes raisonsMathieu Planesur franceinfo

"La bonne façon" de faire baisser le chômage, rappelle Mathieu Plane, c'est la création d'emplois, avec une "dynamique de l'activité". L'autre façon, "moins bonne", c'est de "voir des gens qui sortent du chômage pour aller vers l'inactivité".

"Au regard du contexte économique, [cette baisse] est plutôt surprenante. Maintenant on peut aussi avoir de bonnes surprises... On s'attendait à ce que le quatrième trimestre en termes de croissance soit bon, pour des raisons qui peuvent paraître paradoxales : on s'attendait à ce que le pouvoir d'achat remonte sous l'effet des mesures fiscales, taxe d'habitation, baisse de cotisation... C'est le moment où se déclenche la crise des "gilets jaunes'." Pour Mathieu Plane, le mouvement des "gilets jaunes" est venu "perturber l'analyse économique".