Assurance-chômage : opposé au principe du "bonus-malus", le patronat claque la porte de la négociation

Le président de la République a réaffirmé sa volonté de mettre en place ce dispositif réclamé par les syndicats afin de réguler les contrats courts.

Une séance de négociations entre syndicats et patronat sur la nouvelle convention d\'assurance-chômage, le 9 janvier 2019.
Une séance de négociations entre syndicats et patronat sur la nouvelle convention d'assurance-chômage, le 9 janvier 2019. (MAXPPP)

Les récentes déclarations d'Emmanuel Macron ne passent pas auprès du patronat. Le Medef et la CPME, les deux principales organisations patronales, ont suspendu, lundi 28 janvier, leur participation à la négociation sur l'assurance-chômage. Elles dénoncent la "détermination" d'Emmanuel Macron à mettre en place le dispositif de bonus-malus réclamé par les syndicats pour lutter contre la précarité.

Le système de bonus-malus consiste à moduler les cotisations chômage de l'employeur en fonction du taux de rupture de contrats de travail. L'idée est de faire varier la cotisation patronale à l'assurance-chômage, actuellement de 4,05%, en fonction du taux de rupture de contrats donnant lieu à inscription à Pôle emploi

Le Medef "n'est pas en situation de poursuivre la négociation"

Jeudi, lors de sa rencontre avec des habitants dans la Drôme, le président de la République a en effet réaffirmé sa volonté de réguler les contrats courts par le bonus-malus. Cette déclaration, en pleine négociation sur l'assurance-chômage, a fortement irrité le Medef et la CPME.

"Tous les efforts menés par les négociateurs pour 'déprécariser' les contrats courts ont ainsi été balayés d'un revers de main", a réagi la confédération des petites et moyennes entreprises. "Dans ces conditions", le Medef a expliqué, dans un communiqué séparé, ne pas être "en situation de poursuivre la négociation sans une clarification préalable du gouvernement sur la suite qui serait donnée à un accord entre partenaires sociaux".