Près de quatre personnes sur dix ont travaillé à un horaire décalé au moins une fois par mois en 2017

Le travail le samedi est le plus répandu parmi ces "horaires atypiques", avec 35% des salariés concernés, soit 8,3 millions de personnes, d'après cette enquête réalisée le service statistique du ministère du Travail.

Les boulangers sont concernés par les horaires de travail \"atypiques\" listés par le service statistique du ministère du Travail.
Les boulangers sont concernés par les horaires de travail "atypiques" listés par le service statistique du ministère du Travail. (MAXPPP)

Les horaires de travail "atypiques" ne le sont pas tant que ça. Près de 44% des salariés, soit 10,4 millions de personnes, ont travaillé en 2017 au moins une fois par mois à un horaire décalé, affirme une étude publiée jeudi 28 juin par le ministère du Travail. De plus, ces salariés concernés ont des durées de travail plus longues que ceux qui effectuent "des horaires standards en journée".

Que signifie "horaires atypiques" ? Pour la Dares, le service des statistiques du ministère, qui a effectué l'étude, il s'agit des horaires de travail en soirée entre 20 heures et minuit, la nuit entre minuit et 5 heures, le samedi ou le dimanche. Franceinfo liste les principaux enseignements de cette étude.

Plus de travail le samedi

Le travail le samedi est le plus répandu avec 35% des salariés concernés, soit 8,3 millions de personnes, d'après cette enquête. Suivent le travail le soir (23% des salariés), le dimanche (19%) et la nuit (9%).

Dans le privé, le travail le samedi est courant dans le tertiaire et celui de nuit dans l'industrie. Les salariés à temps partiel sont autant soumis aux horaires atypiques que ceux à temps complet (43% contre 44%) et travaillent davantage le samedi. 

Par ailleurs, les non-salariés sont davantage concernés par les horaires atypiques : 76% d'entre eux, soit 2,4 millions de personnes, y sont soumis.

Les cadres et la fonction publique davantage concernés

Ces horaires "se concentrent sur certaines familles professionnelles" (infirmiers, vendeurs, agents d'entretien, policiers, pompiers, routiers, boulangers...). Ils touchent aussi des salariés dotés d'une "certaine autonomie dans l'organisation de leurs horaires" ou avec une "charge de travail soutenue", comme les cadres qui emportent du travail à domicile, explique la Dares.

Dans la fonction publique, les agents "travaillent fréquemment avec des horaires atypiques", "en particulier le soir et le dimanche", pour assurer "la continuité de la vie sociale, la permanence des services de soins, la protection et la sécurité des personnes et des biens", souligne la Dares.

Légèrement plus d'hommes et des temps de travail plus longs

Ces horaires atypiques, effectués sur le lieu de travail, à domicile ou ailleurs, concernent "légèrement plus les hommes que les femmes" (44,2% contre 43%), indique l'étude, qui s'appuie sur l'enquête Emploi de l'Insee de 2017. Les hommes travaillent plus souvent le soir et la nuit, les femmes davantage le samedi.

Et, qu'ils soient à temps partiel ou à temps complet, les salariés soumis à au moins un horaire atypique – hors enseignants et travail à domicile – ont des durées de travail "plus longues" que ceux avec des horaires standard : 1 763 heures contre 1 587 heures de durée annuelle effective pour un salarié à temps complet et 226 jours travaillés par an, contre 207 pour ceux qui effectuent des horaires de travail plus "classiques".