Enquête : les forçats du jeu vidéo

La production française de jeux vidéo est à l'honneur du salon Paris Games Week. Le rendez-vous a attiré des milliers de fans à la porte de Versailles, à Paris. France 2 s'est intéressée aux conditions de travail dans cet univers parfois impitoyable. Enquête.

France 2

Ils en parlent avec les yeux qui brillent. Les jeux vidéo : plus qu'un loisir, un secteur dans lequel ils se verraient bien travailler. Mais qu'y a-t-il de l'autre côté de cette vitrine séduisante ? Quelles sont les conditions de travail pour fabriquer ces images ? Aux États-Unis, le président de l'un des mastodontes du secteur affirme avoir fait travailler ses équipes 100 heures par semaine. Et en France, qu'en est-il ? Nous avons recueilli le témoignage de plusieurs salariés. Un informaticien dit avoir dû passer plusieurs nuits dans son entreprise de jeux vidéo pour terminer un projet à temps. Impossible de parler à visage découvert : il craint de ne pas retrouver un emploi dans le secteur.

Journées interminables, trafic de fiches de paie...

Alors, comment de telles pratiques sont-elles aussi possibles en France ? Une ancienne employée aux ressources humaines nous raconte comment la pointeuse de son entreprise a été supprimée. Elle dit aussi avoir falsifié les fiches de paie pour ne pas alerter l'inspection du travail. Pour un ancien salarié du secteur, les journées de travail sans fin sont banalisées dès les études au sein d'écoles spécialisées. Le secteur du jeu vidéo admet des erreurs dans quelques entreprises et met en avant le manque d'expérience de jeunes patrons. Pour la première fois, un syndicat de travailleurs du jeu vidéo vient d'être créé. Son ambition : que le respect du droit du travail ne soit plus virtuel dans certaines entreprises du secteur.

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Des gens s\'amusent avec des jeux vidéos au Tokyo Game Show, le 21 septembre 2018. 
Des gens s'amusent avec des jeux vidéos au Tokyo Game Show, le 21 septembre 2018.  (MARTIN BUREAU / AFP)