Hérault : un salarié d'une filière de La Poste renvoyé pour avoir livré un colis avec trois minutes de retard

Depuis plusieurs mois, les licenciements, les ruptures conventionnelles et les accidents du travail explosent dans cette filiale de La Poste qui gère la livraison de colis aux particuliers et aux entreprises, rapporte la CGT.

La plateforme Nord Colissimo de La Poste à Carvin (Pas-de-Calais), le 15 décembre 2016.
La plateforme Nord Colissimo de La Poste à Carvin (Pas-de-Calais), le 15 décembre 2016. (MAXPPP)

La CGT dénonce une "politique de la terreur". Un salarié de DPD à Mauguio (Hérault) a été renvoyé pour avoir livré un colis avec trois minutes de retard, annonce le syndicat, mardi 24 janvier.

Depuis plusieurs mois, les licenciements, les ruptures conventionnelles et les accidents du travail explosent dans cette filiale de La Poste qui gère la livraison de colis aux particuliers et aux entreprises, rapporte le syndicat.

Des précédents dans l'entreprise

Ce n'est pas la première fois que la CGT dénonce de tels agissements. Le 28 janvier 2015, un chauffeur-livreur a été victime d'un grave accident du travail. "On n'a pas toujours les outils pour manipuler les colis (...) mon dos a lâché en deux parties et aujourd'hui, j'ai une paralysie complète du bas de la jambe et définitive. (...) Mon employeur a refusé de me déclarer un accident de travail jusqu'à ce que le médecin du travail, un mois après, intervienne", raconte-t-il à France Bleu Hérault. Aujourd'hui, il est en passe d'être licencié. 

Interrogée par la radio, Julie de Rudnicki, avocate de quatre salariés de Mauguio, parle des méthodes managériales inacceptables. "On passe de 80 à 200 colis à livrer dans la même journée, ça débouche forcément sur des accidents", déplore-t-elle.

Au plan national, DPD a connu, depuis 2014, 19 accidents du travail, 87 licenciements, 39 démissions et plus d'une vingtaine de ruptures conventionnelles sur un total de 1 500 salariés, déplore le syndicat. A Mauguio, le personnel a été réduit de moitié alors que l'activité augmente. Il ne reste que six chauffeurs-livreurs remplacés, petit à petit, par des sous-traitants. Sollicitée par France Bleu Hérault, la direction de l'entreprise n'a pas souhaité réagir pour le moment.