Des traitements anti-cancer sont eux-mêmes cancérogènes, notamment pour les soignants, alerte l'Anses

L'Agence nationale de sécurité sanitaire demande que 18 produits cytostatiques soient inscrits sur la liste des substances cancérogènes. Elle estime que ces traitements peuvent être dangereux pour les soignants.

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Radio France
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La façade de l'Agence nationale de sécurité sanitaire à Maison-Alfort, le 7 juillet 2015 (illustration). (MATTHIEU ALEXANDRE / AFP)

Des traitements utilisés pour soigner des cancers sont eux-mêmes cancérogènes, notamment pour les soignants : voilà le constat dressé mardi 20 juillet par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Il s'agit de médicaments cytostatiques, utilisés dans le cadre de chimiothérapies, notamment via des injections en intraveineuse. Si ces produits ont un réel effet positif pour les patients, ils sont cependant à manier avec précaution. 

92 000 personnes exposées en France

L'Anses a ainsi demandé que ces 18 produits cytostatiques soient inscrits sur la liste des substances cancérogènes. Elle souhaite ainsi "pousser la diffusion de l'information et de la formation des professionnels concernés en leur faisant prendre conscience des circonstances d'exposition à ces médicaments", explique Henri Bastos, directeur santé-travail au sein de l'agence. 

L'Anses estime que près de 92 000 personnes y sont exposées en France : infirmiers, aide-soignants, médecins, vétérinaires, personnels de nettoyage... Ces produits peuvent être utilisés à l'hôpital comme lors de soins à domicile. Au sein des établissements hospitaliers, ils peuvent aussi être utilisés dans des services de gynécologie, dermatologie ou rhumatologie. 

L'Anses appelle à "des mesures de protection"

Or, "beaucoup d'employeurs, de salariés ou de professionnels ne savent pas forcément qu'ils peuvent être exposés durant leur activité professionnelle", alerte sur franceinfo Henri Bastos, alors qu'on peut retrouver ces substances "tout au long de la chaîne d'exposition, qui va de la fabrication à la gestion des déchets"

L'Anses appelle donc à mettre en oeuvre "des mesures de protection" des personnels susceptibles d'être en contact avec ces substances et les invite "à éviter les situations où l'on peut se contaminer indirectement en touchant des surfaces souillées". Malgré la reconnaissance scientifique de leur caractère cancérogène, aucun des cytotoxiques n'apparaît dans le règlement européen qui répertorie les substances "chimiques cancérogènes mutagènes et reprotoxiques" (CMR) car ils sont considérés comme des médicaments. Or c'est cette réglementation qui s'impose dans le code du travail.

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