Réforme des retraites : "On veut garder notre caisse complémentaire", explique le syndicat des pilotes de ligne

"Nous allons y perdre avec le régime universel mais on l'accepte. Ce que l'on veut, c'est garder notre caisse complémentaire", a précisé lundi 16 septembre le porte-parole du syndicat national des pilotes de lignes, invité sur franceinfo.

Des pilotes de ligne lors d\'une manifestation contre la réforme des retraites, lundi 16 septembre à Paris.
Des pilotes de ligne lors d'une manifestation contre la réforme des retraites, lundi 16 septembre à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

"Le régime universel, nous allons y perdre mais on l'accepte. Au-delà de ce régime universel, ce que l'on veut, c'est garder notre caisse complémentaire", a indiqué lundi 16 septembre sur franceinfo Olivier Rigazio, porte-parole du syndicat national des pilotes de lignes (SNPL) qui manifestent ce lundi à Paris, aux côtés d'autres professions libérales, comme les avocats et les infirmiers, contre la réforme des retraites voulue par le gouvernement.

franceinfo : Est-ce avantageux pour vous de manifester aux côtés des autres professions libérales ?

Olivier RigazioLes infirmiers, les avocats, ont un régime autonome, ce n'est pas un régime spécial. Nous, nous avons un régime complémentaire, ce qui nous permet de donner à nos adhérents, à nos anciens pilotes, une retraite convenable puisque cette caisse, qui est complémentaire, est très bien gérée. Nous n'avons donc pas les mêmes problématiques mais le désavantage des pilotes de ligne en France c'est qu'ils sont peu nombreux, donc s'allier [pour manifester] à des régimes qui sont comparables nous permet d'exister.

Exister pour dire quoi ?

Nous, et c'est peut-être notre particularité, le régime universel on l'accepterait. Nous allons y perdre mais on l'accepte pour une question d'équité. Les pilotes perdraient de l'argent mais on comprend la volonté du gouvernement à ce niveau-là. C'est tout ce qui est autour du régime universel qu'on ne comprend pas parce que le gouvernement veut nous imposer un système par capitalisation alors que notre retraite est une retraite par répartition. Ça veut dire, concrètement, qu'on aura une pension moins importante parce que malheureusement l'État a fait la preuve de sa mauvaise gestion des caisses de retraite, alors que la nôtre, gérée par les partenaires sociaux, l'est très bien.

Concrètement qu'est-ce que la réforme changerait pour vous ?

Dans la prochaine réforme, notre caisse de retraite pourrait disparaître et si elle disparaît, on aura de moins bonnes retraites et tous les gens qui ont déjà cotisé à cette caisse verraient partir la trésorerie. Nous ne pouvons pas accepter cela. Nous avons la preuve que notre caisse de retraite est plus rentable pour nos affiliés et le gouvernement ne nous propose pas de solutions alternatives convenables. Le régime universel, on l'accepte même si nous allons y perdre, mais ce qu'on veut c'est garder, au-delà de ce régime universel, notre caisse complémentaire.