Le Parlement valide définitivement la revalorisation des retraites des agriculteurs

La pension mensuelle brute touchée par les chefs d'exploitations agricoles atteint actuellement autour de 953 euros en moyenne pour les hommes et 852 euros en moyenne pour les femmes.

Un agriculteur à Jurignac (Charente), le 6 juin 2020.
Un agriculteur à Jurignac (Charente), le 6 juin 2020. (MAXPPP)

"Nous venons de faire ensemble œuvre de justice sociale", s'est félicité le secrétaire d'Etat aux Retraites, Laurent Pietraszewski. Le Parlement a validé définitivement lundi 29 mai, par un ultime vote unanime du Sénat, une proposition de loi communiste permettant une revalorisation des retraites des agriculteurs de 75 à 85% du Smic. Les sénateurs ont toutefois regretté une entrée en vigueur différée à 2022.

La pension mensuelle brute touchée par les chefs d'exploitations agricoles atteint actuellement autour de 953 euros en moyenne pour les hommes et 852 euros en moyenne pour les femmes. Des chiffres qui masquent de fortes disparités. La proposition de loi doit assurer une garantie à 1 025 euros mensuels, soit un gain de 120 euros, pour une carrière complète. Elle prévoit aussi des dispositions spécifiques pour les outre-mer.

"Où sont les femmes ?"

Portée par les députés André Chassaigne et Huguette Bello, la proposition de loi doit s'appliquer aux retraités futurs, mais aussi actuels, ce que ne prévoyait pas le projet de l'exécutif. Elle a toutefois été réécrite en partie par la majorité présidentielle, qui a repoussé son application d'un an, au 1er janvier 2022 "au plus tard", au grand dam des oppositions. "Si nous pouvons le faire plus tôt, nous le ferons", s'est engagé Laurent Pietraszewski, mettant en avant des difficultés techniques.

Le texte n'est "pas exhaustif, mais le gouvernement a bien l'ensemble du sujet en tête", a encore souligné le secrétaire d'Etat, alors que la quasi totalité des orateurs a regretté l'absence de prise en compte des conjoints collaborateurs – très souvent des conjointes – et des aidants familiaux. "Où sont les femmes ? (...) Elles sont toujours invisibles, ça n'est pas acceptable", a notamment tonné Monique Lubin, sénatrice PS des Landes.

Pour la FNSEA, premier syndicat agricole, et les Jeunes Agriculteurs, la revalorisation est "un pas en avant, fruit d'un travail de longue haleine", mais "pas suffisant" : "la pension minimum reste fixée à 555 euros par mois" pour les conjointes et aidants familiaux.