Grève des raffineurs : cinq raffineries touchées selon la CGT Chimie, une situation "quasiment normale", pour l'Ufip

Malgré l'arrêt total des installations de deux raffineries par la CGT, l'Union française des industries pétrolières se veut rassurante assure que la situation n'est pas alarmante.

La raffinerie de Grandpuits en Seine-et-Marne (illustration).
La raffinerie de Grandpuits en Seine-et-Marne (illustration). (JOEL SAGET / AFP)

Une grève, deux discours : alors que la branche chimie de la CGT durcit le mouvement dans les raffineries, son secrétaire général Emmanuel Lepine persiste : "Il y a cinq raffineries qui sont soit en marche dégradée, soit arrêtées, donc on n'est pas du tout dans le discours du gouvernement qui se veut rassurant".

Le syndicat a décidé l'arrêt total des installations de la raffinerie de Lavéra, près de Martigues dans les Bouches-du-Rhône, et celle de Grandpuits en Seine-et-Marne pour protester contre la réforme des retraites. Les blocages commencent à avoir des répercussions sur l'approvisionnement des stations-services : au moins 65 stations sont en rupture, selon le journal Le Monde.

Pour la CGT, "il y aura un impact"

"Il y a deux raffineries où l'arrêt des installations a été voté, mais je rappelle que la raffinerie de Normandie a subi un incendie donc elle aussi est à l'arrêt. Cela fait trois", rappelle le syndicaliste. "Et puis il y a deux raffineries, Donges et Feyzin, qui sont en marche très dégradée puisqu'en fonction des lignes de cars qui viennent travailler toutes les 8h, des décisions sont prises de bloquer les expéditions", explique-t-il.

Le but ce n'est pas d'embêter les gens qui n'ont pas choisi d'être grévistes, c'est d'obtenir de la part du gouvernement – en pesant sur l'économie – le retrait de cette réforme dont personne ne veut.Emmanuel Lepine, CGT chimieà franceinfo

Pour la CGT chimie, c'est sûr, il y aura un impact. Selon le syndicat, le raffinage "est à l'origine de la moitié des produits pétroliers que l'on consomme en France, l'autre moitié étant assurée par l'import par deux grandes voies que sont le Havre et Marseille et ces deux dépôts portuaires énormes sont également en grève".

"C'est excessif et pas vrai du tout"

Pas d'inquiétude à avoir pour l'Union française des industries pétrolières (Ufip) : "On a une situation qui est quasiment normale" dans les stations-service, a assuré mardi 24 décembre sur franceinfo son président Francis Duseux. Les propos de la CGT, "c'est excessif et pas vrai du tout", répond-il. "Une seule raffinerie sur sept a stoppé les expéditions et il y a des problèmes de chargements dans deux dépôts sur 200. Là où il y a un déficit temporaire de produits, on utilise les stocks de réserve", explique Francis Duseux.

Certaines personnes essaient de générer la pénurie, en faisant peur aux Français pour qu'ils se précipitent pour faire le plein.Francis Duseux, Ufipà franceinfo

"Ce qui compte, pour les consommateurs, c'est le nombre de stations où il y a des défauts. Ce matin, on était à 2,2%. Cela fait 220 stations sur 11 000 en France, ajoute le président de l'Ufip, donc la situation n'est pas parfaite, mais elle est presque normale."