Pour dénoncer les inégalités salariales à la BBC, une journaliste vedette quitte son poste

La rédactrice en chef de la BBC en Chine a annoncé qu'elle renonçait à son poste de correspondante, pour marquer les esprits.

Carrie Gracie sur une capture d\'écran d\'une vidéo sur le site de la BBC, le 8 janvier 2018.
Carrie Gracie sur une capture d'écran d'une vidéo sur le site de la BBC, le 8 janvier 2018. (BBC)

Elle quitte Pékin et sonne le tocsin. Une journaliste confirmée de la BBC a annoncé, lundi 8 janvier, sa démission de son poste de rédactrice en chef en Chine. Par ce geste, elle entend dénoncer l'inégalité salariale entre femmes et hommes au sein du service public audiovisuel britannique.

Dans une lettre (en anglais) adressée au public britannique, qui paye une redevance comme en France, Carrie Gracie dénonce une "culture salariale secrète et illégale" dans la vénérable institution. "La BBC vous appartient, écrit-elle. Vous avez le droit de savoir qu'elle enfreint la loi sur l'égalité et résiste aux pressions pour établir une structure de rémunération équitable et transparente."

"Pas de discrimination systémique", selon la BBC

Carrie Gracie évoque aussi "une crise de confiance" au sein de la BBC, qui s'est amplifiée depuis que l'institution a révélé pour la première fois, en juillet 2017, les salaires annuels de ses dirigeants et présentateurs vedettes. Dans cette liste de plus de 200 noms payés plus de 150 000 livres (169 000 euros), un tiers seulement étaient des femmes, avec des salaires très inférieurs aux sommets atteints par leurs homologues masculins.

Le directeur général de la BBC avait alors promis d'aller "plus vite et plus loin" pour réduire ces écarts, affichant son ambition d'atteindre l'égalité des rémunérations entre les hommes et les femmes d'ici 2020.

Après l'article de Carrie Gracie, un porte-parole du service audiovisuel a réagi en affirmant qu'il n'y avait "pas de discrimination systémique contre les femmes". La journaliste, elle, indique avoir réintégré son précédent poste au sein de la rédaction télévisée à Londres. Sa décision a reçu le plein soutien du groupe BBC Women, qui réunit plus de 130 femmes y travaillant. "Nous (...) appelons la BBC à régler son cas et les autres sans délai et à s'occuper de l'inégalité salariale au sein de l'entreprise", a souligné le groupe.