Un CRS renvoyé aux assises pour un tir de grenade : "Mon cas montre la voie" témoigne la victime, qui a perdu un œil

Le policier sera jugé pour "violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente" sur un militant syndical de 48 ans, lors d'une manifestion contre la loi Travail, en 2016. Il est "définitivement aveugle de l'œil droit".

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Laurent Theron, militant syndical de SUD le 15 septembre 2016 à Paris. (GREG SANDOVAL / AFP)

"C'est une mutilation, c'est irréversible, c'est définitif, donc c'est les assises" affirme mercredi 22 mai Laurent Theron, syndicaliste SUD Santé blessé lors d'un rassemblement contre la loi Travail le 15 septembre 2016. Deux juges d'instruction ont décidé lundi de renvoyer un CRS aux assises. Ce brigadier-chef est accusé d'avoir lancé une grenade de désencerclement (GMD) "hors de tout cadre légal et réglementaire", dont l'explosion a causé la perte de l'œil de Laurent Theron.

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Pour Laurent Theron, ce procès est capital. "Ça représente la reconnaissance de ma mutilation. C'est ça qui est le plus important, c'est de ne pas nier la perte de mon œil. Mon œil droit a éclaté par la faute de cette grenade jetée en dehors de tout cadre légal", rappelle le syndicaliste. Il se réjouit que cet acte, qualifié de "criminel", relève-t-il, soit jugé devant une cour d'assises. 

Aujourd'hui, Laurent Theron espère que ce renvoi permettra d'autres procès et d'autres condamnations. "Mon cas montre la voie, la voie de la justice à ces 'gilets jaunes' victimes. C'est très important que la justice pénalise ces actes de violence policière." Laurent Theron réclame aussi l'interdiction de ces munitions. "Ces armes sont un vrai danger, il faut les interdire", conclut-il.

Le témoignage de Laurent Théron, blessé à l’œil par un tir de grenade de désencerclement
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