Rab de frites, libération de rappeur… Quatre mots d'ordre lycéens vus dans les manifs contre la loi Travail

Les références au rap ont été nombreuses sur les pancartes des élèves mobilisés contre le projet de réforme du Code du travail.

Un manifestant brandit une pancarte réclamant plus de frites à la cantine, lors de la mobilisation contre la loi Travail, le 31 mars 2016 à Rennes (Ille-et-Vilaine).
Un manifestant brandit une pancarte réclamant plus de frites à la cantine, lors de la mobilisation contre la loi Travail, le 31 mars 2016 à Rennes (Ille-et-Vilaine). (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Oubliez les "Hollande, t'es foutu, la jeunesse est dans la rue" ou les "El Khomri, si tu savais, ta réforme où on se la met". Pour demander le retrait du projet de loi réformant le Code du travail, jeudi 31 mars, les lycéens ont inscrit sur leurs banderoles des slogans parfois bien éloignés de la politique, et souvent très drôles. Francetv info en a relevé quatre exemples.

Quand ils ont réclamé plus de frites à la cantine

Dans le cortège rennais, les journalistes ont pu assister à une intéressante convergence des luttes. Au milieu des banderoles réclamant la démission de Manuel Valls ou la pérennisation du contrat à durée indéterminée comme socle du droit du travail, un manifestant a brandi ostensiblement une pancarte exigeant davantage de frites à la cantine. Pourquoi pas ?

Un manifestant brandit une pancarte réclamant plus de frites à la cantine, lors de la mobilisation contre la loi Travail, le 31 mars 2016 à Rennes (Ille-et-Vilaine).
Un manifestant brandit une pancarte réclamant plus de frites à la cantine, lors de la mobilisation contre la loi Travail, le 31 mars 2016 à Rennes (Ille-et-Vilaine). (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Quand ils ont exigé la libération du rappeur Lacrim

Autre revendication régulière chez les lycéens : la sortie de prison du rappeur Lacrim. Le chanteur de J'ai mal, de son vrai nom Karim Zenoud, a été incarcéré début novembre après plusieurs mois de cavale. Il avait été condamné en mars pour détention d'armes après avoir exhibé une kalachnikov dans un de ses clips, au motif que cela faisait "plus vrai".

Quand ils ont cité les rappeurs Jul, SCH ou PNL

Utiliser des punchlines de rappeurs populaires s'apparente parfois à un sport national dans les cortèges lycéens. Après avoir fait une apparition remarquée lors de la première journée de mobilisation, la phrase "Se lever pour 1 200 c'est insultant", tirée du morceau A7 du Marseillais SCH, est revenue sur les pancartes.

Une pancarte citant la chanson \"A7\" du rappeur SCH est brandie dans le cortège anti-loi Travail, jeudi 31 mars 2016 à Rennes (Ille-et-Vilaine).
Une pancarte citant la chanson "A7" du rappeur SCH est brandie dans le cortège anti-loi Travail, jeudi 31 mars 2016 à Rennes (Ille-et-Vilaine). (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Les rappeurs de PNL, originaires de Corbeil-Essonnes, ont également eu leur petit succès. Le titre Le Monde ou rien a semble-t-il illustré opportunément les ambitions de certains étudiants. On s'interroge en revanche sur le sens à donner à la phrase "Tout niquer devient vital", tirée du morceau Oh Lala.

Pancarte trop étroite ou flemme de trouver une citation appropriée ? A Toulouse, certains ont tout simplement brandi un écriteau sur lequel était inscrit le nom du rappeur Jul.

Quand ils ont fait une référence douteuse à une star de Snapchat

A Paris, enfin, des lycéens ont confectionné une banderole au sens bien mystérieux pour les profanes : "On n'est pas les kekekeh à Khomrito". Il s'agit en fait d'une référence à l'expression "la keh à Mojito", popularisée sur Snapchat par un certain "Mojito".

Sur le réseau social, ce jeune Francilien se vante régulièrement d'être entouré de ce qu'il appelle des "keh" (diminutif de qehba, terme arabe désignant une prostituée), qu'il fesse à l'aide de sa ceinture. Grande classe.