Loi Travail : Martine Aubry juge le recours au 49.3 "pas acceptable"

L'ancienne ministre du Travail estime qu'il était "possible de trouver une majorité parlementaire de gauche".

La maire de Lille, Martine Aubry, quitte une réunion du bureau national du PS, à Paris, le 7 mars 2016.
La maire de Lille, Martine Aubry, quitte une réunion du bureau national du PS, à Paris, le 7 mars 2016. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

Une fois de plus, elle prend ses distances avec le gouvernement. La maire PS de Lille, Martine Aubry, a jugé, vendredi 13 mai, que le choix du gouvernement d'utiliser le 49.3 pour faire adopter le projet de loi Travail n'était "pas acceptable".

Dans un courrier adressé aux militants PS de la fédération du Nord, l'ex-ministre du Travail estime qu'il était "possible de trouver une majorité parlementaire de gauche""C'est pour ce faire que plusieurs parlementaires ont fait des propositions d'amendements, pour permettre de rétablir la hiérarchie des normes, comme le prévoyait explicitement la motion majoritaire au dernier congrès" du Parti socialiste, souligne-t-elle.

Opposée à une motion de censure de gauche

Martine Aubry regrette le passage en force du gouvernement, qui "prive le Parlement du nécessaire débat démocratique auquel les Français avaient droit". Mais elle justifie aussi la décision de ses troupes de ne pas signer la motion de censure de gauche"Elle n'aurait pas empêché l'adoption de la loi, chacun le sait. En revanche, elle aurait renforcé la droite et, surtout, elle aurait sans doute provoqué une scission de notre parti", plaide-t-elle, alors que les frondeurs n'ont pas manqué de railler le manque de courage des aubrystes.

Seule solution pour Martine Aubry : "Rester dans notre parti, y travailler et débattre pour faire renaître l'espoir à gauche." "Nous sommes nombreux à le souhaiter. Il faut s'y atteler. Ce combat est aussi le vôtre", conclut-elle.