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Cannabis, islam, loi Travail : cinq choses à retenir de l'entretien de Manuel Valls à "Libération"

Le Premier ministre s'est exprimé dans les colonnes de "Libération", mercredi 13 avril.

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France Télévisions
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Le Premier ministre, Manuel Valls, le 7 avril 2016, après avoir posé la première pierre du nouveau centre des congrès de Metz (Moselle). (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

Entre deux négociations sur la loi Travail, Manuel Valls a répondu aux questions de Libération. Le quotidien publie, mercredi 13 avril, un long entretien avec le Premier ministre (article payant). La situation "difficile" des jeunes, la nécessité de "protéger" les musulmans de France des discriminations ou encore le besoin de dépasser le clivage droite-gauche : voici les cinq choses à retenir de l'entretien du Premier ministre.

L'islam, "compatible avec la République"

"La laïcité est confrontée à la montée de l'islam radical, mais aussi à la place de l'islam dans nos sociétés", expose Manuel Valls dans Libération. Et il souhaite démontrer "que l'islam, grande religion dans le monde et deuxième religion de France, est fondamentalement compatible avec la République, la démocratie, nos valeurs, l'égalité entre les hommes et les femmes". Le Premier Ministre se dit "convaincu que c'est possible" alors que la "majorité de nos concitoyens en doutent."

Manuel Valls revient également sur ses propos sur le port du voile.  "Je pense que ce voile identitaire, politique, revendiqué comme tel, en cachant la femme, vise à la nier", avance-t-il. Il estime ainsi qu'il "faudrait" interdire le voile à l'université, "mais il y a des règles constitutionnelles qui rendent cette interdiction difficile".

Loi Travail : "Nous n'avons pas réussi à présenter cette réforme de manière positive"

Manuel Valls admet, dans les colonnes de Libération, avoir fait une "erreur" de communication autour de la loi Travail. "Nous n'avons pas réussi à présenter cette réforme de manière positive", avoue-t-il, ajoutant que le gouvernement n'a, dans un premier temps, pas assez expliqué aux Français où les menait cette réforme. Le Premier ministre défend tout de même un texte "utile et efficace" et un dialogue constant : "Nous n'avons jamais autant discuté, négocié depuis un an pour préparer cette loi." Reste donc"une bataille d'explication, de conviction à mener", d'après le Premier ministre. 

"J'ai toujours été de gauche !"

Une question qu'on lui pose "depuis trente ans" : "Manuel Valls, est-ce que vous êtes toujours de gauche ?" demande le journaliste de Libération"J'ai toujours été de gauche !" répond fermement le Premier ministre. Mais s'il affirme que ses racines, "c'est la gauche", Manuel Valls souligne que "sur des grands sujets, on peut parfaitement se rassembler", notamment sur la sécurité.

Il affirme que "la gauche est forte quand elle s'adresse à tous. C'est pour cela qu'elle doit se transcender." Un objectif qu'il faut tenir pour 2017 : "La future élection présidentielle ne pourra pas être une répétition des précédentes avec l'affrontement classique entre la droite et la gauche. Je ne vois pas non plus les gagnants gouverner seuls", expose-t-il depuis Matignon.

"Je ne laisserai jamais dire que nous n'avons rien fait pour la jeunesse depuis 2012"

Peu après les importantes manifestations d'étudiants contre la loi Travail et pendant le mouvement Nuit debout, le Premier ministre a également reconnu que la situation des jeunes était aujourd'hui "difficile." Il tient tout de même à rappeler l'action du gouvernement en faveur de la jeunesse, en matière d'éducation, de formation, de logement ou d'accès à l'emploi : "Je ne laisserai jamais dire que nous n'avons rien fait pour la jeunesse depuis 2012."

Il salue également la "belle énergie" dont fait preuve la jeunesse. "Il ne faut pas se plaindre de voir les jeunes se réunir, agir, rêver de collectif", dit-il, affirmant vouloir travailler avec cet élan.

La consommation du cannabis, un "interdit"

Manuel Valls revient enfin sur la proposition de Jean-Marie Le Guen, qui a relancé le débat de la légalisation du cannabis lundi. Le Premier ministre explique que la position du secrétaire d'Etat est "personnelle." "J'ai la conviction, comme le président de la République, que toute société doit savoir fixer des interdits. Je crois que la consommation du cannabis, parce qu'elle a un impact sur la santé publique, doit en rester un", a souligné Manuel Valls. 

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